Damon Albarn a composé un spectacle musical, « Wonder.land », directement inspiré d’ « Alice au Pays des Merveilles ». Le spectacle se joue actuellement au Théâtre du Châtelet. « Wonder.land » est une version moderne et connectée des aventures d’Alice…

Après « Monkey : Journey to the West » qu’il avait créé au Théâtre du Châtelet, le musicien Damon Albarn – membre des groupes Blur et Gorillaz – est de retour à Paris avec sa nouvelle création, « Wonder.land« , prononcé « Wonder dot (point) land ». Une comédie musicale inspirée des contes de Lewis Carroll « Alice au Pays des merveilles » et « De l’autre côté du miroir« .

Une Alice moderne, ancrée en 2016…

Alice, une ado métisse -que ses parents surnomment Aly – connait les mêmes problèmes que les ados d’aujourd’hui : relations difficiles avec ses parents et les autres élèves de son lycée, perte de repère, quête d’identité… Elle va tromper l’ennui en se plongeant dans son smartphone pour se connecter à Wonder.land, un monde virtuel où elle va créer son avatar, Alice la blonde du Pays des Merveilles.

Son camarade de Classe Luke, lui, subit des moqueries à cause de son homosexualité. Il s’est réfugié dans un jeu de zombies. Personnages qui vont faire irruption dans le monde d’Alice et donner de superbes scènes d’attaques de zombies, hilarantes et très bien faites, poussant le détail jusqu’au sang vert -comme dans les jeux vidéo – qui va maculer le rideau.

L’avatar Alice est juchée sur des plateformes shoes bleues, mais fait sa toute première apparition suspendue dans les airs. Une performance remarquable de la comédienne Carly Bawden qui a dû adopter une gestuelle d’avatar. La Alice version 2016 est très osée, allant jusqu’à répéter à l’envi « Pussycat, pussycat… »

Carly Bawden et Lois Chimimba, les 2 Alice, de Wonderland la comédie musicale inspirée d'Alice au Pays des Merveilles

… mais qui reste Alice du conte

Alice demeure tout de même la petite blonde en robe bleue du pays des merveilles. Le spectacle a gardé de nombreux éléments des contes, notamment la fabuleuse scène du salon de thé avec les tables et la théière géante qui tourbillonnent, comme le manège dans le célèbre par d’attraction.

La fameuse scène du salon de thé dans Wonderland la comédie musicale de Damon Albarn

Dans ce monde parallèle qu’est Wonder.land on retrouve les personnages étranges et extravagants des contes :  le dodo, le lapin blanc futuriste sous crack, la chenille… Dans cet univers, la reine rouge ne tardera pas à faire son apparition, incarnée par l’autoritaire Ms Manxome – Alice aussi de son prénom – la directrice du lycée. Avec ses faux airs de Cruella d’Enfer, la nouvelle reine rouge va retourner le monde virtuel si paisible et le mettre à feu et à sang, après avoir confisqué le téléphone portable d’Aly et usurpé son identité en ligne.

Un spectacle novateur

La production n’a pas lésiné sur les moyens. Certains décors sont amovibles et bougent en rythme, remués par les comédiens. Le Wonder.land est ici la version 2.0 du fameux labyrinthe. Il apparait toujours en projections – de très belles images de synthèse réalisées par 59 productions. Côté innovations, MC, le maître du jeu, se déplace notamment en hoverboard. Mais ce n’est pas son seul moyen de locomotion… De façon générale la mise en scène est réussie, notamment avec le balais des caddies.

La scène du supermarché dasn Wonder.land de Damon Albarn

Côté musique, la bande son est assez attendue pour son genre, mais très sympa avec un peu de rock, mais pas trop, un peu d’électro et même du ukulélé. Le tout joué en live par un orchestre qu’on ne voit pas, excepté lors du salut final. Les costumes des personnages de Wonder.land sont très beaux tandis que ceux des personnages du monde réel sont plus ternes – pour les besoins de l’histoire – tout en nuances de gris. Une nécessité pour contraster les deux univers. Le décor est lui aussi tout en contraste : tandis que le monde virtuel en projection est gai et coloré, le lycée, la maison, le supermarché sont tout aussi ternes et gris.

Alice au Pays des Merveilles et le lapin blanc version 2016 dans Wonderland

Les comédiens très à l’aise dans leurs personnages et surtout pluridisciplinaires. Ils ont fait l’effort d’apprendre quelques phrases en français, introduites dans le spectacle, pour le public parisien avec même une référence franco-française au « Meilleur Pâtissier« . Si vous ne maitrisez pas l’anglais, pas d’inquiétude, la traduction des paroles et du texte s’affiche en simultané.

Anna Francolini  est la reine rouge dans la comédie musicale Wonderland

En définitive, une comédie musicale de création  britannique dans la lignée de ce qui se joue sur Shaftesbury Avenue à Londres ou à Broadway. Un spectacle moderne – bourré de technologie et de smartphones – qui évoque des sujets contemporains. Courrez-y rapidement, le spectacle ne reste pas longtemps à l’affiche.

« Wonder.land » au Théâtre du Châtelet jusqu’au 16 juin. Du mardi au samedi à 20h, le samedi aussi à 15h et le dimanche à 16h. Tarif : de 14 à 55 euros.