C’est un monstre sacré qui rejoint le paradis du septième art. Le comédien Jean-Pierre Marielle est décédé aujourd’hui à l’âge de 87 ans des suites d’une longue maladie. Au delà de sa voix reconnaissable entre mille, il aura joué dans plus de cent films sans jamais remporter un seul César. Mediamag lui rend hommage et revient sur sa carrière.

Né le 12 avril 1932 à Dijon, Jean-Pierre Marielle se destine à des études littéraires, avant de se tourner vers le théâtre sur le conseil de son professeur. Il est accepté au Conservatoire de Paris où il se lie d’amitié avec de futures vedettes du grand écran telles que Jean-Paul Belmondo ou Jean Rochefort. On retrouve ce dernier aux côtés de Jean-Pierre Marielle dans Calmos en 1976.

Limité à des seconds rôles pendant les années 1960, Jean-Pierre Marielle se fait remarquer au cinéma dans des interprétations dramatiques : Que la fête commence de Bertrand Tavernier (1974), Les Galettes de Pont-Aven de Joël Séria (1975) – dont la performance lui vaudra une nomination en tant que meilleur acteur à la première cérémonie des Césars-, Un moment d’égarement de Claude Berri (1977) où il joue un père de famille tombant amoureux de la fille de son meilleur ami (son rôle sera repris par Vincent Cassel dans le remake en 2015) et enfin Coup de Torchon de Bertrand Tavernier ( 1981) où il y incarne à la fois un proxénète ordurier et son frère militaire, ce qui vaudra à Jean-Pierre Marielle une second nomination aux Césars, cette fois-ci en tant que second rôle.

Il tourne également dans Uranus de Claude Berri aux côtés de Gérard Depardieu, Michel Blanc, Phillipe Noiret, Fabrice Luchini, entre autres…

L’année 1991 marque un tournant important dans sa carrière : dirigé par Alain Corneau dans Tous les matins du monde, Jean-Pierre Marielle y incarne Jean de Sainte-Colombe, violoniste refusant les honneurs de Versailles pour vivre en reclus à la campagne avec ses deux filles avant qu’il n’accepte, malgré lui, de recevoir un élève nommé Marin Marais, interprété simultanément par Guillaume et Gérard Depardieu. A la surprise générale, il ne remportera pas le César du meilleur acteur.

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A propos de la cérémonie des César, à laquelle Jean-Pierre Marielle déclare n’avoir jamais assisté, il disait :

Les Césars, j’en ai rien à foutre, je ne suis pas un acteur de tombola. L’important, c’est devant la caméra. C’est servir un auteur, en découvrir un nouveau.

Ce soir, l’homme qui pouvait tout jouer n’est plus et nous lègue un patrimoine culturel immense.

Après Philippe Noiret et Jean Rochefort, le dernier des Grands Ducs est parti…