“Elle a des yeux à vider un couvent de trappistes en cinq minutes” disait Boris Vian. Elle était l’inoubliable Carmen dans le ballet éponyme de Georges Bizet, chorégraphié par Roland Petit. La reine du music-hall Zizi Jeanmaire s’est éteinte ce matin à l’âge de 96 ans. Retour sur la carrière d’une artiste complète.

Née sous le nom de Renée Jeanmaire en 1924, la jeune Zizi se consacre très tôt à la danse en intégrant l’Ecole de Danse de l’Opéra de Paris à l’âge de 9 ans. Là-bas, elle y fait la rencontre de l’homme dont elle sera la muse et l’âme sœur, Roland Petit.

Avec sa coupe “à la garçonne”, Zizi Jeanmaire explore tous les domaines artistiques, du ballet à la comédie musicale en passant par le théâtre et la revue.

Un succès outre-Atlantique

En 1949, elle s’envole pour New York où elle jouera le rôle de Carmen pendant sept mois. Broadway et Hollywood lui ouvrent alors les portes.

De retour en France, Zizi Jeanmaire quitte les Ballets de Paris pour jouer à Broadway dans la comédie musicale The Girl in Pink Tights. Au cinéma, elle rayonne dans le rôle de Gaby Duval dans Anything Goes, réalisé par Robert Lewis. Entre temps, elle se marie avec Roland Petit en 1954 et donne naissance à une fille, Valentine, l’année suivante.

En 1956, Zizi Jeanmaire se lance dans un nouveau genre avec La Revue des Ballets de Paris puis La Revue à l’Alhambra en 1961.

A cette occasion, elle crée le célèbre numéro Mon truc en plumes dans un des costumes d’Yves Saint Laurent :

Cette chanson fait d’elle une figure symbolique du music-hall auquel elle consacre l’essentiel de sa carrière.

Côté chanson, ses interprétations des œuvres de Jean Ferrat et Serge Gainsbourg lui permettent d’accéder à la notoriété. A partir des années 2000, Zizi Jeanmaire interprète également des titres écrits par sa fille, Valentine Petit.