Synopsis

Jeune fille rêveuse, Akané enfourche son vélo pour se rendre chez sa tante antiquaire et découvrir son cadeau d’anniversaire. Dans l’étrange bric à brac de la boutique, elle pose la main sur une pierre magique. S’ouvre soudain un passage secret d’où surgit Hippocrate un alchimiste venu d’un autre monde. Il veut convaincre Akané qu’elle est la déesse du vent vert dont parle la légende et et qu’elle seule peut éviter la terrible sécheresse qui menace son royaume. Accompagnées par Hippocrate et Pippo son disciple, Akané et sa tante s’engagent dans un voyage fantastique pour sauver Wonderland.

Critique

Le réalisateur japonais Keiichi Hara, très connu dans le monde du cinéma d’ animation, a déjà été primé à Annecy en 2015 pour Sarusuberi : Miss Hokusai. Il y revient cette année avec Wonderland, le royaume sans pluie. Ses choix thématiques sont très ancrés dans le présent, dans notre réalité quotidienne et il se montre très critique face aux comportements humains… Donc oui, Wonderland le royaume sans pluie ‘’rentre dans la lignée’’ du film militant car il pointe du doigt la destruction massive de la nature et donc de l’humain par voie de conséquence. Le message écologique est donné et martelé dans la bande annonce ‘’préparez-vous à la catastrophe, notre monde est en danger, les couleurs disparaissent peu à peu, nous sommes devenus insensibles, il faut respecter la nature pour sauver le monde…’’

Des mots simples qui sonnent en rythme pour sensibiliser le public, le jeune public de l’animation en priorité comme si eux seuls pouvaient revenir aux fondamentaux du respect de la nature et dire NON à une industrialisation et pollution massive…

Wonderland possède un très bel univers visuel, les décors sont l’actualité et Keiichi Hara fait la part belle aux couleurs vives que nous offre la nature. Elles éclatent dans les paysages campagnards ou montagnards, de quoi nous donner envie de nous arrêter devant un champ de coquelicots si toutefois il en existe encore ! Mais voyons aussi les couleurs plus ternes et pastels, celles du danger de la progression ou de la création des déserts dues aux multiples dérivations des cours d’eau pour satisfaire à l’agriculture intensive, la progression du désert signant la pauvreté et les réfugiés climatiques de plus en plus nombreux.

L’univers sonore n’est pas en reste, chaque lieu traversé semble avoir sa propre musique…. reflet des sensations et de la tâche à accomplir chez les personnages, du rythme pour l’envie de ‘’se bouger” dans le sauvetage urgent de la planète, de la gravité pour le constat et pour la réflexion avant de prendre des décisions. Les personnages peuvent nous paraître un peu lointains car trop éloignés de notre culture européenne. La relation entre Akané et sa tante a une dimension profondément émotionnelle et très révélatrice des personnalités différentes entre les générations. Mais elle est surtout capitale dans l’idée d’une jeunesse qui serait le moteur d’un changement fondamental de comportement, comme si elle avait tiré des leçons des attitudes à ne pas adopter, des erreurs à ne pas reproduire.

Finalement, il est possible de penser que le message est écologique, malheureusement il est assez mal amené. Dommage.