On avoue s’être rendu à cette 19ème édition avec les bras chargés d’espoir : Des artistes influents de la scène rap & hip-hop (Mac Miller, Vald, Georgio), des surprises potentielles (L.E.J, Ibrahim Maalouf) et des amours de jeunesse (The Bloody Beetroots, Kery James), bref, un line-up impressionnant, à la hauteur du nombre de festivaliers présents cette année (169 000 personnes, légèrement en baisse par rapport à l’année précédente) et surtout, très très éclectique…

Jour 1 :

On se rend directement devant la scène du dôme pour assister au concert d’un des rappeurs les plus talentueux du moment, (et par extension des 5 dernières années) : Mac Miller.
Et c’est dire s’il était attendu ! Un show calibré et bien rôdé mêlant succès de ses premiers albums et expérimentations de ses derniers projets, le tout dans une avalanche de jeux de lumières et d’interactions avec le public, pour le plus grand bonheur de la foule.

Le temps de faire une pause, d’aller flâner au milieu des stands, de boire une bière à l’un des bars disséminés sur le site, et on se retrouve à minuit, l’heure du crime, devant les anglais de Prodigy.

27 ans de carrière et un niveau de décibels propre à rendre sourd un ingénieur du son aguerri, la performance est impressionnante. Arrivés sur fond d’Orange Mécanique, les brits nous donnent un bon aperçu de leur propension à retourner un festival, et passent en revue leurs plus grands titres « Omen », « Smack My Bitch Up », « Firestater »…

Brisé mais heureux, on se met sur le chemin du retour, demain il faudra être en forme…

Crédit photo : LamarchePhoto

Jour 2 :

Arrivé un peu tardivement, on file directement devant la scène ou se produit le trompettiste Ibrahim Maalouf, et on constate rapidement que si le Franco-Libanais n’a rien perdu de son doigté, il n’a également rien perdu de sa capacité à fédérer les foules : petits, grands, familles, amis, jeunes comme moins jeunes, tous fredonnent religieusement ses compositions, et personne ne rechigne à jouer le jeu. C’est reposant, ça fait du bien, et on se rend compte que le trio L.E.J monte sur la grande scène. Les 3 jeunes femmes (Élisa, Lucie, Juliette) profitent de cette énième performance live pour démontrer qu ‘elles ne sont pas que des machines à reprises, et savent également mettre l’ambiance. Et c’est assez réussi, même si l’on a parfois l’impression d’assister au tournage d’un de leurs mash-ups à succès et que ce groupe est davantage destiné à engranger des vues sur Youtube que se produire sur scène.

N’écoutant que notre courage, on se rue vers les nombreux stands de junk-food afin de recharger les batteries et on patiente jusqu’à l’arrivée de Kery James

Et à 23h il arrive, affublé de la fameuse tenue de boxe qui ne le quitte pas depuis le début de sa tournée, prêt à dégainer ses uppercuts sur la foule qui en redemande. Muhammad Alix, comme on le surnomme, commence par un échauffement sur le son « Purple Lamborghini » de Skrillex et Rick Ross, avant d’ enchaîner les frappes : « Musique Nègre » « Racailles » l’excellent « Douleur Ébène » ou encore « Rue de la peine »…

C’est toujours aussi bon, n’en déplaise aux puristes, et on en ressort groggy, mais pas le temps de sonner la cloche et de raccrocher les gants, des invités de marque arrivent sur la scène de Paris…

Et quels invités… Les Bloody Beetroots, véritables stars de l’électro des années 2000-2010, toujours grimés en Venom (l’ennemi mortel de Spider Man, ndlr) montent, ou plutôt jaillissent sur scène, guitare en bandoulière et nous envoient un show d’une qualité qui met tout le monde d’accord. Par « tout le monde d’accord » on entend les plus courageux qui savaient à quoi s’attendre (pogos, foule sur le qui-vive) et les néophytes qui désiraient se faire « une idée » de ce duo/groupe dont tous les amateurs connaissent les plus grands faits d’armes…
Et tout y passe, « Warp 1.9 », « Pistols and Hearts », « Chronicles of a fallen love », « The Beat », « Church of noise », de la sueur, des larmes, des cris, bref, des retrouvailles en bonne et due forme.

Encore tremblant d’excitation, on décide d’amorcer un virage bien mérité et de se poser sur les pelouses en attendant le closing de Boris Brecha.

Verdict, un set maîtrisé de bout en bout, baignant dans un arsenal de lumières bleutées, parfaites pour terminer cette (presque) douce nuit.

Crédit photo : Marylene Eytier

Jour 3 :

Flatbush Zombie, Diplo, Vald, voilà les têtes d’affiche du dernier jour des Solidays.

Dès lors, un choix s’impose : faire le tour des artistes moins renommés, ou se laisser emporter par le diktat des stars du moment. Notre choix est fait, et nous n’avons pas été déçus.

On passera le concert de Diplo, pour commenter celui de Flatbush Zombie : le trio californien nous régale avec son rap, et notamment le banger « Palm Trees » que malheureusement trop peu de gens connaissent, et fait la part belle aux arrangements osés et aux refrains imparables.

Une fois devant la grande scène, on attend avec une appréhension certaine le trublion Vald, en se disant qu’un homme aussi prolifique sur scène et derrière un micro saura certainement nous surprendre, en bien comme en mal.

Et force est constater que le prince de l’Eurotrap sait y faire : des hurlements, des infrabasses démoniaques, des titres efficaces et des invités visiblement très heureux d’être là. C’est ainsi qu’on se retrouve face à Kalash Criminel et Fianso, les auteurs du titre « 93 Empire » réunis face à un public conquis et qui n’en demandait pas tant. Et nous non plus.

Merci les Solidays !

Par Martin Grignoux