La dernière pièce de Laurent Baffie, « Sans filtre » est actuellement jouée au théâtre Fontaine avant une tournée dans toute la France en 2016. Du Baffie 100 % pour jus.

Philippe Maurice, un buraliste interprété par Laurent Baffie, n’a plus de filtre. Non pas dans son bureau de tabac, mais dans son cerveau. Depuis 24 heures, il ne peut s’empêcher de dire à tout le monde ce qu’il pense. Une situation qui provoque pas mal de dégâts (décès de sa mère, départ de sa femme…). Il va donc consulter une équipe de médecins, très particuliers, qui vont se pencher sur son cas pour tenter de le guérir.

Avant le début de la scène, Laurent Baffie passe une tête à travers l’épais rideau rouge. Il vient remercier le public mais pas seulement : « Je voulais d’abord vous remercier d’être venus ce soir. Et aussi vous prévenir qu’on va tirer des coups de feu, alors ne chiez pas dans votre froc. » On est tout de suite dans l’ambiance.

« Sans filtre » c’est une comédie écrite, mise en scène et interprétée par Laurent Baffie. L’histoire est très drôle. C’est du Baffie tout craché, au propre comme au figuré, dans l’écriture avec le langage très fleuri qu’on lui connait mai aussi dans la situation pas banale et assez cocasse.

Il signe-là une mise en scène complètement au service de la pièce dans un style qui lui colle bien : crachats, pipi, sang… tous les fluides du corps humain y passent. Avec son lot de gestes obscènes aussi, on aura le droit à notre quota de majeurs dressés.

Les six toubibs imaginés par Laurent Baffie sont tous aussi mauvais les uns que les autres. Malgré un langage sérieux bourré de termes médicaux, ils sont tous plus incompétents les uns que les autres. Une belle galerie de personnages avec Pascal Sellem, très bon, dans la peau d’un chirurgien esthétique escroc, blin bling et séducteur ; Karine Dubernet qui prête ses traits à une chiropractrice à l’air patibulaire et Lola Marois Bigard dans le rôle de la neurologue sexy. Lola reprend le rôle de Caroline Anglade, actuellement enceinte. Un texte sérieux dans la bouche d’une femme fatale dont on voit souvent les fesses dans la pièce. Un rôle qui colle avec le physique de l’épouse de Jean-Marie Bigard. On retrouvera d’ailleurs Lola l’année prochaine à l’affiche du « Cabanon Rose » de Jean-Pierre Mocky et de « Brice de Nice 3 ».

Affiche pièce de théâtre "Sans filtre"

Une surprise intervient à la fin de la pièce avec l’arrivée surprenante d’un personnage qu’on ne s’attendait finalement pas à voir. Une arrivée remarquée qui va faire prendre un tournant particulier à l’histoire dont on comprendra enfin le fin mot.

Ces personnages évoluent dans un décor assez complet, très réaliste, détaillé, précis et soigné, en dur. Décor qui comporte deux niveaux – ce qui est assez rare – et aussi une barre de pompiers.

« Sans filtre » au Théâtre Fontaine à Paris du mercredi au vendredi à 20h30 et le samedi à 18h et 21h, jusqu’au 2 janvier, duu mercredi au vendredi 20h30 et le samedi 18h00 et 21h00. Puis en tournée de janvier à mai 2016 (le 26/01 à Genève ; le 02/03 à Toulouse ; le 04/03 au Mans ; le 16/03 à Lille ; le 24/03 à Tours ;  le 25/03 à Nantes…)