Considéré comme un géant de la littérature américaine, l’écrivain américain Philip Roth s’est éteint cette nuit à l’âge de 85 ans, six ans après avoir arrêté d’écrire, en ayant vendu tout de même 42 millions de livres à travers le monde. Mediamag revient sur sa vie et les livres qui ont marqué le monde littéraire.

Né en 1933 dans le New Jersey, Philip Roth s’inspire de son quartier d’enfance et tient ses influences llittéraires des auteurs réalistes du XIXème siècle comme Henry James et Gustave Flaubert, les grands romanciers juifs-américains tels que Saul Bellow et Bernard Malamud, ainsi que les humoristes des cabarets de New York, où Henny Youngman, Lenny Bruce ou encore Woody Allen firent leurs débuts.

Roth publie son premier recueil de nouvelles en 1959 mais connaît le succès dix ans plus tard avec le roman Portnoy et son complexe, un roman comique en forme de monologue d’un jeune avocat juif traumatisé par une mère étouffante sur le divan de son psychanalyste. En faisant une satire virulente de la petite bourgeoisie juive-américaine, ce livre fait polémique au sein de la communauté juive et Roth sera considéré comme “l’enfant terrible” du roman juif-américain jusqu’aux années 1990.

Portnoy et son complexe“, paru en 1969, fait scandale mais lui vaut un succès immédiat et une notoriété mondiale.

Son jeune héros y aborde sans détour face à son psychanalyste les affres de la masturbation et son rapport obsessif à sa mère, à l’Amérique et à la judéité.

J’adore écrire sur le sexe. Vaste sujet! Mais la plupart des événements racontés dans mes livres n’ont jamais existé. Même s’il faut quelques éléments de réalité pour commencer à inventer“, dira plus tard Philip Roth.

Régulièrement, l’écrivain aux multiples récompenses (Pulitzer en 1998 pour “Pastorale américaine“, National Book Award en 1960 pour “Goodbye, Columbus” et en 1995 pour “le Théâtre de Sabbath“) était donné favori pour le Nobel. Mais le prix lui a toujours échappé. Il confiera plus tard que c’était devenu un gag pour lui.

Sa plume exigeante et sa lucidité implacable sur la société américaine ont fait de lui une figure majeure de la littérature d’après-guerre. C’était le seul écrivain vivant dont l’oeuvre ait été éditée par la Library of America. En France, il avait commencé à être édité dans la prestigieuse collection La Pléiade.

En 2014, il racontait au quotidien suédois Svenska Dagbladet avoir relu ses 31 livres pour “savoir si j’avais perdu mon temps. On ne peut jamais être sûr, vous savez“.

Il avait aussi ressenti “un énorme soulagement: c’est une expérience presque sublime de n’avoir plus à s’inquiéter que de la mort“.