Après l’excellente surprise qu’était le premier « Pacific Rim », monstrueux divertissement frais, jouissif et intelligent réalisé par Guillermo Del Toro (qui a fait parler de lui cette année pour un tout petit film… qui n’a que remporté le Lion d’Or, le Golden Globe et l’Oscar et qui s’appelle « La forme de l’eau ») la saga revient pour un deuxième opus qui, a défaut d’être original, assume un postulat de divertissement massif et remplit son cahier des charges.

Dix ans après la fermeture de la brèche, le monde se reconstruit et vit désormais en paix sans les Kaijus. Jake, fils du célèbre Marshall Stacker Pentecost (mort en héros), vit de vols et de troc tout en fuyant le passé familial. Il va faire la connaissance de la jeune Amara Namani, qui a fabriqué son propre Jaeger (les robots géants qui ont permis d’affronter les monstres).

Une galerie de personnage classique mais solide

C’est ainsi sur ce parti-pris de la technologie, de l’intelligence et du mal venant de l’intérieur que le film oriente ses lignes narratives directrices. Il prend le prétexte des séquelles de la race humaine après la guerre pour réinsérer ses Kaijus. Un scénario donc sans grandes finesse, mais qui suinte une ambiance de transition au début, une menace constante dans laquelle tout le monde sait que tôt ou tard, les Kaijus vont ressortir des mers. Le personnage suivi est le fils de Pentecost (Idris Elba) et essaye à tout prix de se défendre et de s’affranchir de l’image si oppressante de son père, véritable héro du monde en paix. Les petits conflits internes de ce personnage sont intéressants, car bien interprété (John Boyega est très bon, en gardant son imposante stature et en gérant à la perfection la massivité de son corps et de sa voix contrastée par la finesse de son humour anglais). Il rencontre Amana, file traumatisé par la mort de ses parents par des Kaijus, et déterminée à se défendre sans aide. Les deux rappellent le duo Charlie Hunam /Rinko Kikuchi pour leur conflictualité qui se transforme en forte attache émotionnelle. Les personnages sont plantés et l’ambiance mise en œuvre, place au réel intérêt de ce film ; celui d’un divertissement bien ficelé et assez jouissif dans ses dispositifs de divertissements.

 

Un film généreux qui assume totalement son postulat de suite sans réelle recherche de dépassement du premier film.

Les Jaeger sont toujours aussi somptueux, détaillés et impressionnants. Un réel travail sur la conception de cette machine à été mis au point, et force le respect par sa précision et son orfèvrerie. L’idée de la synchronisation des âmes et des esprits des deux pilotes pour ne faire qu’un dans le corps du robot est une idée absolument fabuleuse, qui donne de belles idées de cinéma ainsi qu’un concept philosophique assez beau sur l’union entre deux personnage pour ne faire qu’un dans le corps d’une immense machine.

Les combats sont évidements très bien chorégraphiés et donnent une envie, un plaisir à voir les carcasses de chair des Kaijus et de métal des Jaeger se confronter, s’encastrer et se morceler, et de voir le combat de quatre Jaeger contre trois énormes Kaijus à Tokyo pour la défense du Mont Fuji. De tout cela déborde un plaisir, une générosité, et une suite qui n’est pas indispensable mais qui donne de belles sensations et qui ne font pas de mal au premier film. Pour une suite et de nos jours, cela réjouit et apporte une réelle fraicheur décomplexée que la saga Transformers a du mal à remplir.

Pacific Rim : Uprising est en conclusion une suite sans idée révolutionnaire, loin de la grande claque que fut son ainé dans le monde du Blockbuster. Il en résulte une suite totalement décomplexée qui remplit à merveille son cahier des charges ; celui d’un divertissement innovateur et qui ne lésine pas sur la mise en place d’une ambiance, de personnages, de combat.

–> Pacific Rim : Uprising réalisé par Steven S. DeKnight avec John Boyega, Jing Tian, Scott Eastwood