“My Rock” du chorégraphe Jean-Claude Gallotta mêle musique rock’n’roll et danse contemporaine. Une association inédite et bien trouvée.

Le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta tente une expérience inédite : un spectacle de danse contemporaine sur une bande son rock. Une audace, un pari réussi.

Au travers de 16 titres de rock qu’il a méticuleusement sélectionnés, Gallotta raconte sa jeunesse, son histoire personnelle, sa passion pour cette musique. Il ratisse très large allant du punk des Clash à la folk de Leonard Cohen en passant par le grunge de Nirvana.

Spectacle de danse contemporaine "My Rock"

Point de grands tubes ou d’hymnes rock dans sa playlist – sauf peut-être “Heatrbreak Hotel” d’Elvis Presley et “Polly” de Nirvana – mais plutôt des titres un peu oubliés dans les discographies – souvent bien remplies – des artistes sélectionnés. Des titres assez peu diffusés sur la bande FM et donc pas les plus imprégnés dans la mémoire collective. “I’m a man” des Who ne figurait d’ailleurs pas au programme de leur dernière tournée best of.

Gallatto est ici le narrateur de cette odyssée dans l’histoire du rock. La plupart du temps sa voix enregistrée est diffusée dans la salle sauf lors de 2 apartés où il vient sur scène – chapeau hérité de son père enfoncé sur la tête et tombant sur son nez et ses yeux – déclamer son texte en direct, s’adressant à lui-même et au public. Micro en mai, il esquisse quelques semblants de pas de danse mais marche le plus souvent.

Le chorégraphe Jean-Claude Gallatto dans "My Rock"

Gallotta fait ici se rencontrer danse contemporaine et musique rock’n’roll, deux disciplines, nées en même temps aux États-Unis – il date cette naissance à 1953 – mais qui ne s’étaient alors jamais rencontrées. Le chorégraphe nous apprend que “rock’n’roll” signifie faire l’amour, ce que l’on retrouve dans ses chorégraphies avec des gestes sensuels pour les couples qui se font et se défont au gré du spectacle.

My Rock” propose beaucoup de duos, quelques trios, des collégiales et un peu de solos, notamment lors des collégiales où chacun des 12 danseurs – 6 hommes et 6 femmes – a droit à sa prestation individuelle. Quelques mouvements de rock’n’roll parsèment le spectacle, mais il est surtout question de danse contemporaine, on n’est pas dans “Danse avec les stars“…

Les danseurs occupent l’espace de toute la scène, courent de bout en bout. Leurs corps de balancent, roulent, sautent dans une totale maîtrise des gestes.

Sur “Sunday Morning” du Velvet Undergound, c’est un duo d’hommes, sonnant tel un hommage vibrant à Lou Reed, leader de ce groupe, qui a beaucoup souffert à cause des traitements par électrochocs qui lui ont été infligés pour “guérir” son homosexualité, comme le rappelle Jean-Claude Gallatto en introduction.

Sur “T.V. Eye” des Stooges, interprété par tous les danseurs, les homme sont torses nus et jouent avec leurs torses, leurs corps, tel un Iggy Pop sur scène.

"My Rock", spectacle de danse contemporaine de Jean-Claude Gallotta

A la fin du spectacle, la folie et le génie de Patti Smith – seule femme de la playlist – s’emparent des corps des danseurs sur “Gloria“.

Le décor ? Des images des artistes et albums dont il est question. Pour les costumes, beaucoup de noir, de blanc et de gris mais quelques jeans aussi habillent les artistes.

“My Rock” au Théâtre du Rond-Point à Paris jusqu’au 6 décembre. Du mardi au samedi à 18h30 et le dimanche à 15h. Puis, en tournée de décembre 2015 à mars 2016.

Crédit Photos : Giovanni Cittadini Cesi