Ma bite et mon couteau, c’est l’histoire d’une jeune adulte un peu perdue entre son cerveau, son cœur et son « cul ».  Des amourettes d’enfance aux sex-friends d’aujourd’hui qui nous invitent dîner au restaurant, tout y passe, les fantasmes, les coups ratés, les premières expériences sexuelles, les erreurs que l’on refait sans cesse, ou encore les questions sans réponses sur l’amour et les garçons.

Si ce spectacle humoristique est le premier d’Agnès Hurstel, la jeune comédienne a déjà tout d’une professionnelle. Aisance, interaction avec son public, elle ose le no-limite et c’est plutôt réussi. Cette dernière brise les conventions à travers des expressions parfois crues pour nous offrir un spectacle haut en couleur sur les fantasmes et les pensées d’une jeune femme délurée.

Suite à l’une de ses représentations hebdomadaires, le mercredi soir à 20h au Sonar’t, nous avons rencontré Agnès Hurstel.

Comment en es-tu venue à ce métier d’humoriste ?

J’ai fait des études de Lettres, en même temps des cours de théâtre mais aucune formation spécifique à « l’humour ». L’année dernière un prof m’a incité à aller essayer 5 minutes d’un texte à moi au Paname, haut lieu de stand up parisien. J’y suis allée, il y avait 15 personnes dans le public, autant que d’apprentis humoristes sur scène ! J’ai tout de suite adoré passer sur scène. J’y suis retournée par la suite. Entre temps j’ai testé d’autres scènes ouvertes, d’autres lieux de stand up qui m’ont permis de faire des rencontres, et je me suis mise à écrire tous les jours.

Comment s’est passé l’écriture de ton spectacle T’es-tu fait aider ?

Au début j’étais toute seule, puis j’ai été aidé par d’autres amis humoristes. L’écriture d’un spectacle est difficile. Il faut d’abord comprendre ce que l’on veut dire, quelle est notre identité propre en temps qu’humoriste/ auteur. Xavier LACAILLE, mon co-auteur, qui n’est pas du tout humoriste, m’a énormément aidé et soutenu dans l’écriture du scénario. Il m’apporté une structure et un rapport à la dramaturgie, à la structure de l’écriture que je n’avais pas avant et qui m’était indispensable. En parallèle, j’ai été très scolaire l’an dernier : Scènes ouvertes tous les soirs, aller voir ce qui se fait, rencontrer des gens, me planter, recommencer. J’ai ainsi compris que le texte théâtral est une matière très mouvante qui doit absolument refléter ma pensée à un moment précis de ma vie, aujourd’hui mes pensées en tant que jeune femme de 25 ans. Peut-être que dans 3 ans je ferai un spectacle ou je parlerai comme plein d’autres du tire lait !

Ton spectacle parle beaucoup de sexe. N’as-tu pas peur que ce thème et ton langage assez cru ne restreigne ton public ?

Absolument pas ! Et puis heureusement qu’on ne plait pas à tout le monde, cela voudrait dire que c’est très consensuel et bien-pensant. J’essaye de faire le truc le plus honnête pour moi aujourd’hui. Après si parler des relations amoureuses et de l’intimité de façon réaliste, et donc crue ça déplaît, c’est vraiment que l’oreille en face est prude ! J’ai de tout dans mon public et je n’ai jamais eu de problèmes avec ça. Et puis attention, ce n’est pas parce qu’une fille dit le mot BITE qu’elle est trash ou dépravée ! Je cherche à dramatiser et exagérer la vie pour la rendre scénique et intéressante.

Il y a-t-il justement des sujets que tu ne souhaites pas aborder dans tes spectacles pour ce genre de raisons ou te permets-tu de parler de tout ?

Aucune censure pour l’instant, et heureusement. On verra bien quand j’aurai un producteur mais j’ose espérer que ça ne se passera pas comme ça. C ‘est primordial pour moi d’être sans filtre sur scène, de donner au public un truc que peut-être eux dans la vie ne diraient pas. Cela peut paraître idiot, mais je vois ça comme une sorte de principe ancestral de la catharsis. Après c’est sûr que je me vois mal parler d’économie, de la Corée du sud et de fringues pour enfants, car ces sujets m’intéressent moins, en tout cas pour l’instant. Mes obsessions, aujourd’hui en tout cas, c’est la famille, l’amour, le mensonge, la frontière entre la fiction et la réalité, la séduction, la féminité etc…

Travailles-tu déjà sur d’autres projets avenir ?

J’écris pour d’autres comme « What the fuck France  » un programme de Paul TAYLOR, sur Canal + tous les samedis. Et puis je viens de jouer dans Bad Buzz, le premier film d’Éric et Quentin, mais également dans Working Girls qui passe bientôt sur Canal+, et un téléfilm de Dante DESARTHE que j’ai tourné l’an dernier avec Denis PODALYDES qui passe bientôt sur Arte.

 

agn

 

Retrouvez Agnes Hurstel tous les mercredis soir à 20h au Sonar’t en réservant vos billets sur Billetreduc : http://www.billetreduc.com/155441/evt.htm?nr=1