Le réalisateur Gilles de Maistre a suivi pendant 2 ans le chef cuisinier Alain Ducasse. Le résultat ? Le documentaire, « La Quête d’Alain Ducasse »  qui éveille nos papilles mais pas seulement…

Après de longues tractations, Alain Ducasse a accepté d’être suivi dans son quotidien par le cinéaste Gilles de Maistre, qui souhaitait réaliser un documentaire sur ce grand chef atypique.

Mais alors, quelle est cette quête que mène Alain Ducasse chaque jour ? Trouver un aliment bon, dans le monde, qu’il n’a pas encore goûter. Mais aussi celle de l’excellence. Un défi qui guide chaque jour ce chef à la tête de 23 restaurants aux 18 étoiles.

« La Quête d’Alain Ducasse » commence à Versailles, où Ducasse organise un dîner d’ambassadeurs. Ce lieu, le château de Versailles, sera le fil conducteur du film puisque pendant le tournage, Alain Ducasse préparait l’ouverture du restaurant Ore, dans le château. Une préparation dont on suit, de loin, les différentes étapes. La fin du film sera d’ailleurs l’inauguration de l’établissement.

Le documentaire suit le chef dans ses périples aux quatre coins du monde, de Tokyo, où il possède un restaurant, à Londres où il possède également un restaurant dont il doit absolument goûter les 20 nouveaux plats à la carte. De la Mongolie à Kyoto, en passant par Hong-Kong, les États-Unis où Alain Ducasse rend visite au chef Dan Barber qui y possède une ferme restaurant ou encore par les Philippines où il a ouvert une école de cuisine pour les enfants défavorisés. Toujours en quête de challenge, le chef, boulimique de travail, multiplie les projets partout dans le monde.

Gilles de Maistre nous montre alors, à travers son film, diverses facettes de la personnalité d’un chef qu’on ne soupçonnait pas et dont on se demande comment il fait pour manger autant ? L’un des traits d’Alain Ducasse est son côté avant-gardiste qui le caractérise. Après avoir proposé du porc et de la pomme de terre pour sa toute première inauguration parisienne, il ne propose désormais plus que du caviar chinois dans ses établissements, « le meilleur du monde » selon lui. Il fallait oser.

En deux ans, on ne voit le voit cuisiner qu’une seule fois, sur un plateau de télévision japonais car Alain Ducasse est un chef hors cuisine, qui délègue.Toutefois, le film n’est bien évidemment pas avare d’images de bons produits que l’on aimerait voir traverser l’écran afin de les goûter.

« La Quête d’Alain Ducasse » est très intéressant car il présente, pour une fois, non pas un chef toujours au beau milieu de ses fourneaux, mais dans tous les autres aspects que peut revêtir la vie d’un grand cuisinier (la recherche de nouvelles saveurs, de nouveaux projets, la remise de diplômes des élèves de son école etc.). Le documentaire est sans artifice. Le rendu est très naturel, on ne voit quasiment pas le montage. Il ne comporte presque pas de voix off : ce sont Alain Ducasse et ses interlocuteurs qui parlent.