C’est place Beaubourg à la brasserie du Cavalier Bleu que nous avons rencontré Julia Piaton.
Fille de Charlotte de Turckheim, elle a su, petit à petit, bâtir son propre chemin. Si plusieurs d’entre vous la connaissent de « Nos 18 ans » ou encore « Mince alors! », beaucoup la connaissent pour son rôle dans la comédie à succès  « Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu?. »

La merveillosité du travail en famille
 Elle s’est vu décrocher son premier rôle, à 19 ans, en 2005 dans les « Aristos » un film réalisé par sa maman, Charlotte de Turckheim. « Le fait que ma mère fasse ce métier a été  une grande chance et à la fois très intimidant et paralysant pour moi de me dire ” est-ce que j’arriverai à faire mon chemin aussi ?”. Je me suis beaucoup posée la question avant de m’autoriser à faire comme ma mère.» C’est pourquoi, avant de basculer au titre de comédienne, elle a obtenu une maîtrise de lettres modernes. «  J’ai fait ces études car lire, écrire me plaisait énormément, j’ai même été un petit moment journaliste aux Etats-Unis, mais je le faisais aussi pour avoir la sécurité de faire des études. J’avais la trouille, peur de me lancer dans ce métier car je savais à travers ma mère que c’était un métier aléatoire,  puisqu’il y a des périodes avec et des périodes sans» nous explique t-elle.

En parlant de maman, les préjugés sur les “filles ou fils de” s’avèrent bien différents de nos pensés : « Par rapport aux autres ce n’est pas difficile à gérer, c’est surtout par rapport à soi, ce que l’on se raconte dans sa tête parce qu’en réalité, les autres s’en fichent »,  cependant : « bien que l’on ai les contacts, nous partons au même stade qu’un acteur qui ne connaît personne dans ce milieu et ce, dans la mesure où c’est une force pour eux car on ne va pas les juger par rapport à quelqu’un. Moi j’avais peur du regard des autres , j’avais peur de faire moins bien que ma mère donc je ne sais pas s’il y a vraiment une position idéale. »

Et bien au delà de connaitre du monde dans ce milieu, il y a aussi une chose merveilleuse que nous explique Julia : «A l’époque où j’ai tourné dans “Les Aristos” j’étais à la fois très heureuse, totalement intimidée et surtout dans la justification. Je me disais ” ce n’est pas juste, finalement j’ai trop de chance”, je me posais des questions à la fois normales et en même temps un peu idiotes. Je ne me rendais pas compte de la chance que j’avais jusqu’à ce que l’on tourne ensemble dans son film « Qui c’est les plus forts », sorti le 3 juin dernier. C’est la première fois de ma vie que je me suis rendue compte à quel point c’était une chance merveilleuse de travailler en famille. »

Du théâtre au cinéma
Le cinéma c’est une chose mais, comme beaucoup, Julia est passée par le théâtre bien qu’elle n’en ai fait que  très peu. « J’en ai fait il y a longtemps parallèlement  à mes études de lettres.» La reverra t-on sur les planches un jour ? Telle est la question. “Je suis complètement enthousiaste à l’idée de faire du théâtre même si pour être très honnête je pense qu’en fait,  j’en ai très peur, beaucoup plus que la caméra. Je trouve que c’est sublime et terrifiant.” avoue t-elle. En tout cas, s’il faudra attendre pour la revoir sur les planches on ne manquera pas de la voir au cinéma et la télévision.

Après « Profilage », « Le talent de mes amis » et « C’est qui les plus forts » , nous la retrouverons très prochainement sur TF1 dans la série « Le Secret d’Elise » principalement mais, mais également dans de nombreux projets.
Notamment « La Vache » de Mohamed Amidi qui sortira en fin d’année.  « Une histoire très jolie dans laquelle j’interprète une jeune journaliste. J’ai adoré le scénario, je trouve que de vraies choses de fond sont traitées par le rire. Le regard que l’on porte les uns sur les autres. En l’occurrence le regard de cet algérien sur la France et la France sur cet algérien et ce, avec beaucoup de poésie surtout beaucoup de tendresse. » Egalement, dans le film « House Of Time » de Jonathan Helpert qui sortira le 16 Décembre prochain. « Un long métrage qui promet un voyage dans le temps à ses personnages. Comme dans un Grand Cluedo, nos personnages sont hauts en couleur et ne cherchent pas le réalisme. J’incarne le rôle de Lynn Fooley, l’assistante d’un producteur américain qui veut faire un film de toute cette folle aventure. » Nous la retrouverons aux cotés de Pierre Deladonchamps, Benjamin Wangermee, Esther Comar, Maxime Dambrin et Laura Boujenah entre autres. Vous pouvez découvrir la bande annonce ICI.
Mais nous la retrouverons aussi dans le thriller « Arrêtez -moi là »  de Gilles Bannier, qui sortira en Janvier. «je joue le rôle d’une jeune juge d’instruction, j’ai adoré faire ce personnage même si j’avais très peur de jouer ce rôle, j’avais l’impression d’être beaucoup trop jeune mais en travaillant je me suis rendu compte qu’on pouvait être juge à partir de 27 ans » Mais Julia ne s’arrête pas là (sans jeux de mot s’il vous plait !), nous la verrons aussi en avril prochain dans «Logement partagé» de François Dessagnat. Une comédie sur la colocation entre un médecin à la retraite et trois trentenaires dans laquelle nous retrouverons André Dussolier, Arnaud Ducret et Berengère Krief. Julia y incarne Marion. «  Une jeune infirmière qui débarque à Paris. Très impressionnée par sa nouvelle colocataire, aussi extravertie que timide. Cette colocation va l’aider à grandir. »
Et surtout, elle tourne actuellement dans « Après moi le bonheur » le nouveau téléfilm avec Alexandra Lamy. « C’est l’histoire de Marie Laure Picat,  atteinte d’un cancer généralisé qui sait qu’elle allait mourir et qui se bat pour pouvoir placer ses enfants dans une famille d’accueil avant de mourir ». Julia y interprète l’une des amies du personnage principal. « C’est un très beau projet, je suis très heureuse de le faire et très contente de travailler avec ces acteurs là ».

Il est évident que son rôle dans « Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu » lui a donné un énorme coup de pouce et que c’est une aventure à laquelle elle est extrêmement fière d’avoir pu participer. Ce à quoi elle ajoute “ je trouvais l’histoire tout à fait dans l’ère du temps et génial de traiter de l’immigration en France, par le biais de l’humour. C’est un film qui décide de se mettre définitivement du coté de l’humour. Ce n’est pas qu’une histoire d’identité, d’origine mais aussi de religion, de tempérament, de caractère, je pense qu’il veut dire qu’on est tous différents et que c’est très bien comme ça et puis marrons nous ! »

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Crédit : © Malika Perreaut / Festival de la Fiction TV 2015 – Equipe “Le secret d’Elise”

De la comédie au dramatique
Mais en tant qu’actrice Julia cherche aussi à se nourrir de tous rôles divers et variés qui pourraient lui être proposé. « Mon désir d’actrice c’est aussi d’arriver à faire des choses différentes comme “Le secret d’Elise” , j’étais contente qu’on me donne la chance de jouer dans un film un peu plus dramatique. Ce qui est intéressant c’est de rentrer dans un personnage, d’y aller à fond, chercher ce qu’il y a en soi qui résonne avec ce personnage-là, cette chose qui fait que l’on est nous même et à la fois pas du tout. Que ce soit dans l’humour, la folie, la tristesse, tous les domaines sont extra à étudier. On peut aussi aimer faire la même chose mais personnellement je n’ai pas de préférence vraiment et je le dis du fond du cœur. »

Mais au fait, pourquoi nous téléspectateurs devrions nous regarder « Le secret d’Elise » ce à quoi elle nous a répondu « je trouve que cela change de ce que l’on voit habituellement, c’est une série qui est ambitieuse et qui propose quelque chose d’assez neuf avec ces trois époques. Le fait qu’il y ai trois registres, presque trois genres de films – à la fois du drame, du thriller, de la comédie – je trouve ça très innovant et je pense que cela à le mérite d’être découvert au moins un épisode juste pour voir

Pourquoi a-t-elle été séduite par ce  personnage. « C’est quelqu’un qui est anéanti par la tristesse mais qui se bat. C’est le fait qu’elle soit combative à l’intérieur de cette horreur. Pour le rôle en tant que tel je trouvais intéressant de ne pas en faire quelqu’un qui est uniquement anéanti et en colère mais que cette colère la rende active. Une espèce d’énergie du désespoir et je trouvais ça exaltant d’aller voir ce que je pouvais y trouver.

Les copains du cinéma
Pour  ceux qui ont l’œil comme nous, vous avez pu constater que dans la plupart des films nous la retrouvons comme entourée d’une « bande de potes » avec notamment : Bruno Sanchez, Audrey Lamy, Alex Lutz mais, est-ce voulu ? « Grâce à Emmanuelle Michelet, scénariste, auteur de théâtre et comédienne j’ai rencontré Alex Lutz, Tom Dingler et Bruno Sanchez sur un cours métrage qui s’appelait « Père Noël ». On s’est très bien entendus, dans le jeu également et on a pris un plaisir pas possible à jouer ensemble. Quand cela se passe comme ça, je pense qu’on a envie que cela se reproduise. Finalement, ce n’est pas complètement un hasard et j’espère que cela recommencera parce que ce sont tous des gens que j’adore et que j’admire.»

Une expérience de jury
Nous ne pouvions pas passer à côté de son rôle en tant que jury au Festival international de Saint Jean de Luz. Ce festival a la particularité de juger des premiers et des deuxièmes longs métrages. Elle raconte : «  j’étais hyper contente car on voit des premiers films, nous sommes face à des réalisateurs qui débutent, et je trouve cela super parce qu’il y a souvent une énergie dingue dans les premiers films,  une certaine grâce. Par ailleurs, dans mon rôle de jury j’étais très intimidée parce que j’étais face à des gens qui ont des carrières que j’admire beaucoup et ce, que ce soit Josiane Balasko – présidente du jury – , Olivier Marchal, Manu Payet, ou même Alexis Rault. J’avais peur de donner mon avis, on ne se sens pas très légitime. Mais j’ai pris beaucoup de plaisir, il y a eu énormément de discutions et c’était génial d’échanger, d’essayer de défendre ce qu’on pense et j’espère qu’on la fait le plus sincèrement. On a réussi à s’écouter et ne pas trop s’arracher les cheveux (rires). On s’est vachement marrés ! »

Pour conclure et finir sur une note mystérieuse. Lors de ce festival elle a rencontré des acteurs mais également des scénaristes et réalisateurs… Alors, Julia aurait-elle envie, un jour de se lancer dans ce travail là ?  « Un jour oui. J’ai des idées mais un jour viendra,j’espère vraiment, où je me jetterais à l’eau parce que cela me donne très envie ».

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crédit : © Thibault Perrier / FIF Saint-Jean-de-Luz