Une légende de la chanson française nous a quittés ce vendredi 6 avril 2018 à l’âge de 77 ans. Un des derniers grands poètes a tiré sa révérence après plus de 50 ans de carrière, 20 albums et des chansons qui resteront dans nos mémoires : « Pars », « Champagne » ou encore « Tombé du Ciel ». Mediamag revient sur la carrière de ce chanteur et poète engagé.

Un artiste polyvalent

Jacques Higelin naît le 18 octobre 1940 et exprime très tôt le souhait de devenir chanteur. À l’âge de 14 ans, il n’hésite pas à se présenter à une audition du cabaret Les Trois Baudets. À la fois auteur, compositeur, interprète, comédien, écrivain et poète, c’est au cinéma que cet ancien élève du cours Simon entame sa carrière en 1959. Il joue dans Le bonheur est pour demain, d’Henri Fabiani. Au début des années 1960, il tourne avec les réalisateurs Yves Robert (Bébert et l’Omnibus) et Roger Leenhardt (Une fille dans la montagne).

Cependant, Jacques Higelin préfère se tourner vers la musique : « J’entendais ma grand-mère chanter dans le jardin. Elle avait une voix délicieuse. Après le boulot, mon père se mettait au piano et nous accompagnait. […] Je m’endormais au son de l’harmonica de mon papa », raconte-t-il dans son autobiographie Je vis pas ma vie, je la rêve (Fayard, 2015). Un père à qui il dédiera la chanson « Le Parc Montsouris  ».

En 1976, Higelin creuse son sillon rock en collaborant avec le jeune Louis Bertignac. Il signe la même année Alertez les bébés !, disque d’or qui remporte aussi le Grand Prix du disque de l’Académie Charles-Cros. Par ailleurs, il collectionnera toute sa vie les disques d’or.

Les années 1976-1988 sont marquées par la publication de Champagne pour tout le monde et Caviar pour les autres en 1979. Mais c’est surtout Tombé du ciel en 1988, certifié double disque d’or, puis disque de platine qui reste dans les mémoires du public. Qui n’a pas fredonné « Tombé du ciel/à travers les nuages/Quel heureux présage… » ?

Une figure de la scène française

Adepte des concerts interminables (on se souvient de ses sept heures consécutives sur scène lors d’un concert au Cirque d’hiver) et véritable bête de scène n’hésitant jamais à se lancer dans des improvisations parfois risquées, Higelin était un artiste généreux au caractère trempé.

Conscient que ses souvenirs allaient peut-être s’effacer, il revient sur ses cinquante années de carrière dans une autobiographie émouvante et dans un documentaire réalisé par Sandrine Bonnaire. Il y évoque ses années passées en communauté, son expérience de la drogue et de l’alcool… Mais aussi son amour de la vie qu’il martèle : « Tant qu’on est vivant, c’est la moindre des choses d’être mouvant, émouvant. Après, on ne bougera plus. La mort, c’est notre condition. C’est même la seule chose dont on est sûr dans la vie. Moi, ça me rend joyeux d’être vivant. Je l’ai chanté, la mort est le berceau de la vie. Ça ne me fait pas peur. »