De passage à Paris ce 8 décembre, le pionnier du hip-hop, Grandmaster Flash est venu mixer au nouveau club parisien le NF-34, et a ravi les amateurs du genre en offrant un set historique d’une heure et demie. 

New York, années 70, véritable précurseur du nouveau genre musical qui allait naître, Grandmaster Flash était loin de se douter qu’il allait révolutionner le monde de la musique. Le DJ porte aujourd’hui l’histoire du hip-hop à travers son set composé de plusieurs chapitres musicaux. Appuyé par des vidéos projetées derrière lui, il nous fait voyager à travers cette culture née à la fin des années disco.

Cette naissance dans le Bronx dont est originaire Grandmaster Flash, on la doit beaucoup au célèbre DJ, qui a popularisé et commercialisé le hip-hop à travers ses mixes et ses groupes. Avant tout, le DJ a été un vecteur culturel en mixant du disco, du blues, du rock, du funk avec de la musique caribéenne et alternative. Grandmaster Flash a donné une visibilité importante à tous ces genres musicaux, mais sa carrière a connu un sérieux tournant quand le DJ a permis à la culture hip-hop d’exister. Précurseur, dès l’émergence de ce style musical, il n’a pas tardé à mixer les titres des nouveaux MCs dans ses soirées. Mieux encore, à la fin des années 70,  il a monté un groupe composé de 3 Mcs  : Grandmaster Flash & the 3 MC’s. Plus tard, il s’est associé au groupe Furious Five avec qui il a sorti le célèbre titre The Message. En popularisant la musique hip-hop Flash est devenu un pionnier de cette culture qui allie danse, musique et graffiti.


Un set d’anthologie

Ce 8 décembre Grandmaster Flash a fait honneur de sa présence au nouveau club parisien le NF-34. Situé au rez de chaussée du Wanderlust, et à côté de la Cité de la mode et du design, le lieu semblait parfait pour cette rétrospective de la culture hip-hop qui née dans la rue. Avec un décor underground inspiré d’un pénitencier, une salle un peu cachée entre intérieur et extérieur, et une cabine de DJ entourée de barreaux dans ce lieu sans fenêtres, on avait comme l’impression que tous les ingrédients étaient réunis pour se projeter à cette époque où les block parties s’improvisaient dans les quartiers de New York.

A 60 ans, le DJ a offert un set d’exception, en nous transportant dans son univers pendant une heure trente. Du Bronx à Brooklyn en passant par Manhattan et Harlem ainsi que tous les autres quartiers de New York qui ont vu émerger les rappeurs qui ont fait l’histoire comme KRS-One, Mos Def, Big L, ou encore Jay Z, Grandmaster Flash nous a offert un véritable voyage musical et historique. Chaque chanson jouée était accompagnée d’images projetées derrière le DJ et sur lesquelles on pouvait découvrir la culture hip-hop dans son âge d’or : danses, graffitis, images d’archives de rappeurs et de Grandmaster Flash défilaient sur ce set rythmé par des chapitres historiques de la culture hip-hop.

Le DJ a également rendu hommage aux artistes de légende disparus. En demandant au public d’exprimer son respect à chaque nouvelle photo projetée et accompagnée du titre phare de l’artiste, Grandmaster Flash a conquis les spectateurs dès le début de ce set incroyable. Tupac, Notorious Big, Big L, Prodigy, Nate Dogg, Eazy-E, mais aussi Michael Jackson, Aretha Franklin ou encore David Bowie ont été gratifiés par ce mix incroyable d’une heure et demie. Le Dj n’en a pas oublié de diffuser des légendes vivantes comme Lauryn Hill et les Fugees ou des titres mythiques comme Gangsta’s Paradise de Coolio.


The Get Down

En compétition constante avec d’autres DJ pionniers du hip-hop également,
dont Afrika Bambaataa ou DJ Kool Herc,  Grandmaster Flash a toujours voulu être le meilleur. Il s’est démarqué en inventant notamment sa technique du “record scratch” qui consiste à faire glisser un vinyle sur la platine d’arrière en avant sur un endroit précis que le DJ marquait au crayon (“the get down”). Cette technique permettait aussi de faire la meilleure transition avec un nouveau titre, alors appelé  “the break”. Le scratch est devenu un véritable marqueur de la musique hip-hop. D’ailleurs, à Paris, pendant le set, des caméras filmaient les mains du DJ en train de mixer permettant au public de voir projeté sur le mur cette célèbre technique en live.

La carrière de Grandmaster Flash a été récemment rendue visible par Netflix qui a adapté son histoire et celle du hip-hop dans la série The Get Down produite par Baz Luhrman et le rappeur Nas qui en a également fait la bande-son. 

Image de la série The Get Down