Avec “Ghostland”, qui sort dans les salles de cinéma françaises ce mercredi 14 mars, Pascal Laugier, comme à son habitude, nous fait peur, et surtout met en scène Mylène Framer, qui participe ici au deuxième long-métrage de sa carrière.

Une scène assez champêtre : Mylène Farmer, qui interprète Pauline, une mère de famille célibataire, est au volant d’un vieux break Buick. Elle est avec ses deux filles, Beth et Vera. Toutes trois emménagent dans la maison de tante Clarysse, décédée. Alors que Beth, grande fan de Lovecraft qui rêve de devenir écrivain, lit à voix haute son dernier texte, les trois filles croisent un camion de bonbons dont les occupants reçoivent un beau majeur de la part de Vera. Erreur…

Affiche de "Ghostland"

La vieille bicoque où elles atterrissent a tout de la maison hantée : portes et parquet qui craquent, collection d’antiquités, installation électrique capricieuse… Le cauchemar va alors commencer …

Beth, interprétée adolescente par Emilia Jones et adulte par Crystal Reed, est visiblement capable de dissociation et de dépersonnalisation. En effet, pour échapper à une situation présente de souffrance, son esprit part ailleurs, dans un autre lieu et à un autre moment de sa vie. Et c’est là que Pascal Laugier entretient la confusion et joue avec nos nerfs, si bien qu’on ne sait jamais trop si la scène est rêve ou réalité, le passé, le présent ou le futur.

Emilia Jones et Taylor Hickson dans "Ghostland"

Avec “Ghostland”, son quatrième long-métrage, Pascal Laugier prouve une nouvelle fois qu’il maîtrise les codes du genre horrifique… Tout y est pour nous faire frissonner, avec des clins d’œil aux classiques du genre : les poupées effrayantes qui nous rappellent Chucky, la musique qui participe à la montée de l’angoisse, la scène où un personnage utilise une hache contre une porte qui fait écho à celle avec Jack Nicholson dans “Shining” de Stanley Kubrick, l’ogre et la sorcière. Sans oublier Lovecraft dont il est question au début puis à la fin du film. Rob Zombie est également de la partie !

Pascal Laugier sait aussi bien nous faire peur sans (trop) d’effusion de sang car contrairement à son film “Martyrs”, “Ghostland” ne fait pas dans le registre du gore.

Mylène Farmer joue en français et en anglais. Elle renoue avec le cinéma 24 ans après la sortie de “Giorgino“. Pauline est un rôle de composition pour la chanteuse qui n’a pas d’enfant. Dans certaines scènes, cette mère, vêtue avec ce qui ressemble presque à des haillons (c’est Mylène Farmer elle-même qui a choisi ses costumes, bien loin des tenues Jean-Paul Gaultier qu’elle porte en concerts !) se montre prête à tout pour défendre ses filles.

Si elle n’est pas à proprement parler une actrice de métier, bien que certains de ses clips sont des courts-métrages, Mylène Farmer est attendrissante. Sa dernière apparition dans le film peut faire penser au personnage de bourgeoise qu’elle endosse dans son clip “California”. Attention, on ne la voit pas tout au long du film car elle n’est pas le personnage principal, ce sont ses filles les personnages centraux, dont les actrices livrent une belle prestation.