Un jeu inoubliable sur les planches, une voix reconnaissable entre toutes, un regard profond et des rôles de grande bourgeoise aussi marquants les uns que les autres, c’était ça Maria Pacôme. La comédienne s’est éteinte ce 1er décembre des suites d’une longue maladie à l’âge de 95 ans.

Près de 60 ans de carrière consacrée au théâtre et au cinéma

Née en 1923 sous le nom de Simone Pacôme, ancienne élève du cours Simon aux côtés de Michèle Morgan et Danièle Delorme, la jeune Maria Pacôme commence sa carrière en 1958 dans la comédie Oscar avec Pierre Mondy et Jean-Paul Belmondo. Elle collectionne ensuite les rôles de grandes bourgeoises extravagantes dans le théâtre de boulevard. Et pourtant, rien ne la prédestinait à une carrière de comédienne puisque Maria Pacôme, mariée de 1950 à 1956 avec Maurice Ronet, elle s’était tournée vers la poterie et la peinture pour ne pas lui faire de l’ombre.

Le cours des choses en a décidé autrement puisque dès 1966, son visage devient familier au cinéma où elle apparaît dans des comédies telles que Tendre voyou de Jean Becker, Le distrait de Pierre Richard ou bien dans avec les célèbres Sous-doués de Claude Zidi en 1980.

Une tirade devenue culte

Après quelques années d’absence, Maria Pacôme revient sur les écrans dans le rôle d’une mère se débarrassant de sa “charge mentale” dans La Crise de Coline Serreau en 1992 face à un Vincent Lindon pantois.

Nominée aux Césars 1993 pour ce rôle, Maria Pacôme n’aura reçu aucune distinctions de toute sa carrière. Elle publie son autobiographie Maria sans Pacôme en 2007 et donne sa voix au personnage de la “mémé” de Titeuf dans l’adaptation de la bande-dessinée au cinéma.

Depuis l’annonce de son décès, les hommages se multiplient sur les réseaux sociaux pour saluer cette “boulevardière au talent fou” (Gilles Jacob).


«Elle interprétait à merveille les répliques des meilleures comédies»

Pierre Lescure

L’acteur Pierre Richard, s’est dit «très triste d’apprendre la disparition» de «celle qui a eu la gentillesse d’accepter de jouer sa mère» dans son premier film Le Distrait.