Les amateurs du ballon rond sont en deuil ce soir. L’une des voix les plus célèbres des commentaires de match de football s’en est allée ce soir. Celle d’Eugène Saccomano. Le journaliste est décédé aujourd’hui à l’âge de 83 ans des suites d’une insuffisance neurologique. Mediamag revient sur sa carrière.

Originaire de Marseille, Eugène Saccomano remporte en 1952, à seulement seize ans, le concours du meilleur reporter sportif junior organisé par le journal L’Équipe. Ce prix lui donnera l’occasion de couvrir les Jeux Olympiques d’été d’Helsinki la même année.

Précurseur du sport à la radio

Tout d’abord correspondant d’Europe dans la cité phocéenne dès 1960, il en rejoint la rédaction parisienne dix ans plus tard pour la présentation des journaux. En 1972, Eugène Saccomano intègre le service des sports dirigé à l’époque par Fernand Choisel.

Il crée, en 1996, la première émission quotidienne sur le sport à la radio, baptisée Europe Sport. Deux ans plus tard, il instaure un nouveau genre en s’inspirant du programme italien Il Processo del Lunedì, il crée Le Match du Lundi, une émission de débat diffusée sur Europe 1 de 1998 à 2001.

Mis à la retraite par la radio bleue après 40 ans de bons et loyaux services, Eugène Saccomano rejoint RTL où il anime chaque lundi On refait le match, émission similaire au Match du lundi. Nouveauté du genre : elle est également diffusée à la télévision, sur LCI, L’Equipe TV puis sur I-Télé. A ce jour, l’émission est toujours diffusée sur RTL.

Eugène Saccomano quitte la station de la rue Bayard en juillet 2012. En 2014, il est récompensé du Prix de la carrière décerné par l’association des écrivains sportifs. Ce prix distingue une femme ou un homme qui, tout au long de sa carrière, par ses écrits ou par ses travaux, a apporté une contribution importante au sport, à sa diffusion et son retentissement.

A côté du football, Eugène Saccomano aura également été écrivain. Publié en 1959, son livre Bandits à Marseille fut adapté au cinéma par Jacques Deray en 1970 sous le nom de Borsalino, avec Alain Delon et Jean-Paul Belmondo.

Des envolées lyriques mémorables

Car “Sacco” (son surnom) ne se contentait pas de commenter un match. Il le faisait vivre comme il le vivait lui-même. Les extraits audios des matchs de la coupe du Monde 1998 en sont les témoins incontestables. Ce soir, la France du foot est bien silencieuse…