Travailleur infatigable et perfectionniste, Philippe Gildas aura marqué l’histoire du paysage audiovisuel français. On se souvient de ses fous rires mémorables face à la bande des Nuls et au duo De Caunes-Garcia dans Nulle part ailleurs. Philippe Gildas s’est éteint cette nuit à l’âge de 82 ans des suites d’un cancer. Mediamag lui rend hommage et revient sur près de 60 ans de carrière.

Des débuts radiophoniques

Né en 1935, Philippe Gildas sort diplômé du Centre de Formation des Journalistes (CFJ) au commencement des années 1960 puis intègre la rédaction de Radio Luxembourg (future RTL) deux ans plus tard pour en devenir le directeur de l’information. Par la suite, il rejoint l’ORTF en 1969 et en est nommé rédacteur en chef en 1972. Au cours de cette décennie, Philippe Gildas anime la tranche matinale d’Europe 1 de 6h30 à 9h aux côtés de Maryse, meneuse de jeu vedette de la station qu’il épouse en 1984. C’est à cette période-là qu’il mêle l’information et le divertissement. Directeur de la station jusqu’en 1986 suite à la démission d’Etienne Mougeotte, Philippe Gildas s’embarque dans un nouveau projet intitulé “Canal +” dont les dix premières années de la chaîne sont qualifiées par la presse de “fabuleuse aventure audiovisuelle”.  

“Top 50”, “Nulle part ailleurs” : essor de l’infotainment 

En 1985, Philippe Gildas crée le Top 50 sur Antenne 2 (chaîne pour laquelle il a continué de collaborer après la disparition de l’ORTF). Deux ans plus tard, l’émission Nulle part ailleurs est diffusée sur Canal + en clair. 

Des sketches et séquences tels que Les Nuls, Les Deschiens, les débuts d’Omar et Fred, le cinéma de Jamel Debbouze, les Robin des Bois sont depuis devenues mythiques.

En 1997, Philippe Gildas quitte la présentation de l’émission, laissant le fauteuil à Guillaume Durand. Il quitte le groupe Canal en 2003.

Boulimique de travail, Philippe Gildas crée en 2007 la chaîne Vivolta, entièrement dédiée aux seniors.

Je ne comprends pas pourquoi l’homme est mortel. J’ai du mal à me faire à l’idée qu’il n’y a rien après écrivait-il en 2010 dans son autobiographie 
Comment réussir à la télévision quand on est petit, breton, avec de grandes oreilles ? (éd. Flammarion)

A propos de la mort, il déclarait aussi : Quand je passerai de l’autre côté des flammes, faites aussi l’économie de l’urne : répandez mes cendres au hasard, en vous amusant, comme je n’ai cessé de le faire ! » 

Un dynamisme et un enthousiasme qu’on ne retrouvera désormais nulle part ailleurs…