« Il était beau, il était drôle, il était libre et courageux. Comme je suis fier de l’avoir eu pour père. Embrasse Desproges et Dabadie, vu que vous êtes tous au paradis». Ce sont par ces mots que Nicolas Bedos a annoncé ce jeudi le décès de son père, l’humoriste Guy Bedos à l’âge de 85 ans. Mediamag revient sur son histoire et sa carrière.

Guy Bedos voit le jour à Alger le 15 juin 1934. Les premières années de sa vie sont mouvementées après le divorce de ses parents. Les opinions politique de son beau-père -violent envers sa mère- et de cette dernière qui le battait en retour, forgent sa conscience politique, toujours marquée à gauche.

A 17 ans seulement, le jeune Guy Bedos quitte le foyer familial et entame une carrière théâtre. Sa rencontre avec Jacques Prévert le motive à écrire des sketches.

Des débuts au music-hall

En 1965, Guy Bedos fait ses débuts au music-hall à Bobino aux côtés de la chanteuse Barbara. La même année, il épouse la comédienne Sophie Daumier, avec qui il formera un duo comique pendant près de dix ans.

Ensemble, ils incarnent un sketch devenu culte, “La drague”.

Après leur séparation en 1977, Guy Bedos se lance dans une carrière solo. Sa popularité monte en flèche au cinéma avec « Un éléphant ça trompe énormément » et «Nous irons tous au paradis » où il interprète le rôle de Simon, un médecin dominé par une mère-juive très possessive, interprétée par Marthe Villalonga.

Une répartie à toute épreuve et un engagement sans faille

Sur scène, Guy Bedos donne ses lettres de noblesse à la revue de presse. Les hommes politiques, l’actualité, la religion, les femmes : tout y passe. “Faire du drôle avec du triste” devient sa devise. Bien qu’adulé par le public, il est cependant souvent interdit d’antenne entre 1974 et 1981, pendant le mandat de Valéry Giscard d’Estaing. Plus récemment, Nadine Morano et Marine Le Pen auront fait les frais de sa répartie cinglante, qui lui vaudront deux procès, tous deux gagnés par un Guy Bedos engagé dans la lutte contre le racisme depuis le plus jeune âge.

Ses actions ne s’arrêtent pas là : lorsqu’il n’était pas au théâtre ou sur un plateau de cinéma, Guy Bedos était toujours prêt à manifester pour les droits des autres, notamment pour l’association Droit au logement.

Marié à trois reprises, Guy Bedos était père de quatre enfants : Leslie (1957) qu’il a eue avec Karen Blanguernon, Mélanie (1977) avec Sophie Daumier et Nicolas (1979) et Victoria (1983), devenus respectivement comédien et écrivaine, avec Joëlle Bercot.