C’est dans un cadre majestueux, au coeur du parc du château de Beauregard près de Caen qu’a eu lieu du 4 au 7 juillet le festival du même nom. NTM, Gossip, Fatboy Slim, Angèle, Roméo Elvis, Ben Harper, Tears for Fears ou encore Disclosure étaient attendus pour cette 11ème édition. Retour sur les 4 jours du Festival Beauregard en Normandie où le soleil était bien présent !

Au fil des années le Festival Beauregard près de Caen attire de plus en plus de festivaliers. Cette année un flux de 30 000 personnes par jour a été atteint et au total 108 000 personnes ont participé à cette 11ème édition du festival bas-normand. Avec une volonté de se renouveler sans arrêt, en pensant à des améliorations sur le site, et en proposant une programmation éclectique le festival a su se démarquer. Certains groupes comme The Hives, Fatboy Slim ou encore Disclosure ont offert au public bas-normand une de leur rare date en France cet été. Autant de critères qui permettent au Festival Beauregard de se classer parmi les huit premiers festivals de France.

Jour 1 : Le Before – Focus sur Angèle, Gossip, Fatboy Slim

Beauregard c’est parti pour quatre jours de festival ! Le jeudi est officiellement le before du festival mais cette année les organisateurs ont pensé cette journée comme les autres et dès 17h30 jusqu’à 2h du matin le site s’anime au rythme d’un jour normal de festival. Pour l’année prochaine, les organisateurs ne savent pas encore si l’on retrouvera cette journée bonus sous forme de before ou d’after festival. Affaire à suivre…

C’était une ambiance assez familiale ce jeudi, mais aussi très jeune, avec beaucoup de lycéens qui attendent les résultats du bac à Beauregard. De quoi oublier le stress pré-résultats avec Gringe, Thérapie Taxi ou encore Angèle. La jeune chanteuse a retrouvé son public éclectique, enfants, adolescents, familles, cinquantenaires, sexagénaires et retraités se sont tous accordés pour chanter en chœur les paroles de Balance ton quoi ou encore Tout Oublier. Sur ce dernier titre certains espéraient la venue de son frère Roméo Elvis également programmé sur le festival mais le rappeur se produisait en Belgique ce jour là, il ne pouvait donc pas faire de surprise au public normand mais il s’est bien rattrapé le samedi sur la scène du Festival Beauregard.

Ce jeudi était marqué par le retour du groupe Gossip, 11 ans après la première édition du festival. S’ils se reforment pour quelques dates, le groupe de rock américain n’a rien perdu de son talent, Beth Ditto a une fois de plus marqué les esprits par sa prestance, son énergie et la puissance de sa voix. Des titres récents aux plus anciens, les morceaux s’enchaînent et rapidement électrisent le public, mais c’était sans compter sur leur titre phare Heavy Cross qui a mis tout le monde d’accord : Gossip est légendaire !


La fin de soirée était plus électro avec Fatboy Slim. Très attendu car le DJ britannique producteur de nombreux tubes a seulement deux dates en France cet été. L’ambiance dancefloor a immédiatement pris à Beauregard et les milliers de privilégiés se sont déhanchés aux rythmes d’anciens tubes issus de son deuxième album You’ve come a long way baby sorti en 1998 notamment Praise You et Right Here, Right Now en fin de set. Mais le DJ de 55 ans a aussi repris d’autres titres en proposant des remix de Childish Gambino à Queen.

Jour 2 : Focus sur NTM, Bernard Lavilliers, The Blaze, Etienne De Crécy

Ce vendredi soir Bernard Lavilliers le chanteur, poète, militant engagé de 72 ans était attendu à Beauregard. Sous un soleil normand, le chanteur qui s’est imprégné de différents styles musicaux au fil de ses voyages, du rock au reggae et à des sonorités plus tropicale avec la bossa nova, est resté égal à lui même avec une setlist dont les textes soulèvent de nombreux problèmes actuels dans la société, notamment des morceaux issus de son dernier album qui traite des thèmes des migrants ou des attentats.

La tête d’affiche de cette journée c’était évidemment le groupe NTM qui avait récemment annoncé que cette tournée serait la dernière après leur reformation en 2008, en 2010 et en 2018. Un nouveau titre avec le rappeur du 93 Fianso avait pourtant créé des rumeurs concernant un nouvel album du groupe mais rien n’y fait Joey Starr et Kool Shen ont l’air bien décidé à quitter la scène. Pourtant, leurs morceaux intemporels font toujours le même effet sur le public. Ce vendredi soir plusieurs générations étaient réunis pour profiter du spectacle, et puisqu’ils sont encore là le groupe avait prévu de “foutre le souk” en invitant sur scène de nombreux guests qui ont collaboré avec eux tout au long de leur carrière sur des titres mythiques tels que IV my People ou encore Ma Benz. Lord Kossity, Busta Flex, Ragga Sonic, Zoxea, Natty, DJ Pone étaient évidemment de la partie ce qui a rendu fou le public de Beauregard. NTM réussit encore et toujours à transmettre leur énergie et sait se réinventer sur scène en adaptant leurs morceaux pour le live. Enfin l’osmose entre Kool Shen et Joey Starr semble inégalable et légendaire ! Un pur régal qu’on aimerait vivre encore et encore !

Une fin de soirée toujours électro avec The Blaze qui a joué à l’identique son premier album studio Dancehall sorti en 2018 mais qui a délivré un joli moment hypnotique. Avec la volonté de laisser le public libre de vivre son moment comme il l’entend, sans être parasité par les images de leurs clips très travaillées, sans non plus se laisser apercevoir (seules leurs deux silhouettes flottent sur scène) les DJs ont satisfaits et comptent sans aucun doute de nouveaux aficionados.

La soirée s’est terminé avec le DJ Etienne de Crécy, ex-membre de Motorbass, groupe qu’il avait créé avec Philippe Zdar, la moitié du duo Cassius disparu récemment. Etienne De Crécy s’impose par la qualité de son live, avec un son électro accompagné d’une scénographie composée de 13 écrans LED qui suivent le rythme de sa musique : de l’art visuel et musical pour terminer cette deuxième journée.

Jour 3 : Focus sur Ben Harper, Roméo Elvis, The Hives

Le samedi soir a réuni un public plus éclectique sur le site de Beauregard, des férues de rap, de rock, et de blues…Les plus jeunes et les curieux sont venus voir Columbine et Roméo Elvis qui ont surpris en live par l’énergie qu’ils transmettent sur scène. Roméo Elvis a littéralement retourné le festival en se donnant à 100 % et en entrant en interaction constante avec ses fans. Le belge est d’ailleurs arrivé sur scène avec un vélo libre-service Twisto appartenant aux réseaux de transports caennais, autant dire qu’il s’est bien imprégné de la ville avant son arrivée sur scène.

Dans un autre registre, les fans de la première heure ont été conquis par le retour de Ben Harper sur scène avec une standing ovation en prime. Le chanteur a repris ses titres phares comme Burn One Down en mettant les percussions à l’honneur avec les musiciens de The Innocent Criminals présents sur scène, ou encore Fight for your minds paru sur l’album éponyme en 1995. La plupart du temps assis, la guitare posée sur ses genoux afin de réaliser sa technique du slide, (qui consiste à utiliser une slide bar pour faire pression sur les cordes) qui donne un son parfois métallique se mariant parfaitement avec la douceur de sa voix, le collectionneur de guitares est resté égal à lui même. Sans trop bavarder il a enchaîné les titres en changeant régulièrement de guitares et en remerciant timidement le public entre chaque morceaux. Le bluesman dans l’âme a terminé sa prestation d’environ 1h05 avec le titre Diamonds on the Inside qui lui a valu l’ovation du public. Ben Harper s’est donc avancé sur la scène afin de saluer modestement ses fans tout en enlevant le chapeau qu’il portait durant le concert, et le chanteur comme ses titres n’ont pas pris une ride. L’un des plus beaux concerts de ce festival.

Ben Harper © Fallon Bouvier

En soirée, un public plus rock a profité de la prestation électrique du groupe suédois The Hives. En totale harmonie avec le public, le groupe a offert une performance qui n’a rien à envier au rock anglais. Un son garage comme les amateurs du genre en raffolent, le tout porté par un chanteur excentrique qui, entre chaque morceaux, ne cesse d’interagir avec son public sans manquer d’humour ! Le groupe a lui aussi” retourné le festival” comme l’a fait remarqué Claire Lesaulnier l’organisatrice, et aura marqué tous les esprits ce soir-là !

Jour 4 : Focus sur Cat Power, Tears for Fears, Disclosure

Ce dernier jour avait une programmation plus calme et plus 80’s. Cat Powers a offert un retour sur scène doux et enchanteur en proposant notamment une jolie prestation de Metal Heart et Good Woman, tandis que le groupe Tears for Fears a enchaîné les tubes et les reprises, de Shout à
Everybody wants to rule the world en passant par Mad World et Creep de Radiohead.
Et pour finir comme chaque soir de l’électro ! Cette fois avec le groupe Disclosure qui était déjà venu sur le festival normand en 2015. Ce DJ set a fait régner une ambiance légère et festive pour cette clôture de festival avec notamment les titres Latch et Me and You sur lequel les DJs ont terminé avant de remercier les derniers festivaliers restés quand même assez nombreux en ce dimanche soir.

Et l’année prochaine ?

Pas de grosses nouveautés pour l’année prochaine. Les organisateurs Paul Langeois et Claire Lesaulnier se posent pour le moment la question de refaire un jour “before” festival ou plutôt “after”, mais quoi qu’il en soit ce sera sous la même formule, c’est à dire, avec autant de groupes qu’une journée normale. Depuis qu’ils ont changé la scène John de place afin d’offrir une meilleure visibilité aux festivaliers qui, chaque année, sont de plus en plus nombreux, la configuration semble avoir du succès et ne sera pas modifiée. Si la première édition en 2009 comptait 20 000 festivaliers
(sur deux jours), la quatrième édition en 2013 en comptait 54 000 (sur trois jours) et cette onzième édition compte pour la deuxième fois 108 000 festivaliers (sur quatre jours). Ce nombre permet au festival de se classer parmi les huit premiers festivals de France. Une belle réussite qui, nous leur souhaitons durera encore longtemps ! Rendez-vous pour cela les 2,3,4,5 juillet 2020 pour la douzième édition.