Kevin Geyer, Christophe Cesari, William Ribeiro et Christophe Icard sont les quatre membres du groupe de Métal « Heart Attack ». Cela fait près 10 ans que le groupe existe sur la scène musicale et depuis 2011, il enchaîne les festivals et les concerts « pour faire bouger les têtes des métalleux ». Rencontre.


255 dates ont fait partie de leur tournée dans toute la France avec d’importants festivals comme le Hellfest, le Motocultor, Les nuits carrées, le Resurrection Fest en Espagne…  Le groupe a de même sorti 3 albums.

Le 5 juillet 2018 à Lyon, HEART ATTACK a fait la première partie du groupe de métal Megadeth. Nous avons pu rencontrer juste avant le concert Kevin Geyer, guitariste et chanteur du groupe de métal français.

Comment écrivez-vous textes ?

Les textes sont la plupart du temps écrits par notre deuxième guitariste Christophe Cesari qui est très inspiré. Ceux de notre dernier album The Resilience (sorti en mars 2017 NDLR) parlent comme son nom l’indique de la résilience, la capacité d’un être vivant à se relever après un traumatisme psychologique ou physique.

La moitié des personnes ayant travaillé sur cet album voire plus ont été touchées par les attentats tragiques qui se sont déroulés en France. Dans le groupe nous n’avons pas vécu ces attentats directement mais en soutenant nos amis, nous avons quand même vécu ce traumatisme à notre petite échelle et quand nous avons écrit les paroles, nous avions cela en tête. Nous considérons que cet album peut parler à tout le monde. En effet, il peut toucher les gens car ils pensent à ces événements ou bien à une résilience qu’ils ont vécue. La capacité à se relever, c’est la morale que nous avons voulu transmettre dans cet album. Je pense que nous avons tout donné en terme de paroles, de thèmes, au niveau de la couverture du disque, du son..  car nous avons passé énormément de jours dans le studio ArtMusic de Nice.

Les albums sont-ils tous conçus sur la Côte d’Azur ?

On essaye de construire nos albums dans le sud de la France parce qu’il y a de très bons techniciens spécialisés dans le son sur la Côte d’azur. Personnellement, je ne me serais jamais vu partir à Paris ou à Nantes pour travailler. Ici, dans le sud, nous avions aussi la facilité d’avoir des gens qui nous connaissent très bien et qui savent exactement ce que nous souhaitons.

Le Métal et même le Rock’N Roll sont des genres de musique qui ont beaucoup vécu et évolué au cours du temps, pensez-vous qu’ aujourd’hui ces genres ont encore de la vie et des choses à dire ?  Ont-ils surtout un avenir ?

Bien sûr ! Le Rock’N Roll et le métal sont des styles qui sont complètement intemporels. Il n’y a pas vraiment de mode. En général, un artiste qui gagne sa vie dans le métal, il la gagne pendant 40 voire 50 ans. Le phénomène musical est intemporel. Aujourd’hui on parle encore des groupes de métal qui au fil des années sont devenus légendaires. Le public que nous rencontrons s’habille la plupart du temps comme les métalleux des années 70 environ ! Nous n’avons pas vraiment de phénomène de mode qui pourrait s’éteindre. Le métal et le vrai Rock’N Roll sont très peu popularisés en France parce que notre culture de la musique est un peu particulière, elle est très axée sur la pop et les chansons de variétés parce que ce sont des gens commercialement plus intéressants. Le public de métal comme pour le Rock’N Roll, ce sont les personnes qui achètent le plus de disques dans le monde. Quand on constate que des groupes tels que Metallica ou AC/DC remplissent encore le Stade De France, que le Hellfest ne cesse d’augmenter en nombre de public, cela signifie bien que l’avenir est plutôt positif pour le Métal. Après, d’un point de vu général, la chute des ventes de disques impacte tous les artistes et tous les genres de musique… C’est malheureux car les jeunes artistes qui proposent peut-être une musique excellente vont devoir stopper leur carrière à cause de cela au profit des artistes dits commerciaux et des gros labels… Ces artistes risquent de potentiellement tomber dans l’idée commerciale au profit de leur musique, celle qu’ils aiment !

Comment procédez-vous pour la réalisation de vos clips ?

C’est nous qui organisons tout le clip : nous sommes plus axés sur des images fortes, du live ou des paysages que sur des continuités scénaristiques. Nous savons vraiment ce que nous souhaitons voir à l’image en plan par plan. Après, on laisse une certaine liberté au réalisateur car c’est lui qui connait son métier et qui nous explique ce qui est faisable ou non. Il va aussi nous donner une certaine directive mais la base c’est nous qui la donnons. Nous n’avons pas de contraintes à suivre de la part de notre label Apathia Records. Personne ne doit nous dire ce que nous devons faire excepté le réalisateur.

Apathia Records est un label de musique indépendante… Ce n’est pas trop dur de faire produire et diffuser votre musique avec une structure comme celle-ci ?

C’est une question très intéressante… J’ai vu énormément de mes copains signer sur des gros labels de musique et de ce que j’ai pu en voir, quand tu es le petit poisson d’un gros label, on s’occupe très peu de toi malheureusement. Alors que si tu possèdes un petit label et que tu es le « gros poisson », ce petit label va plus s’occuper du groupe et fera le maximum pour t’aider. Notre label est super sympa à ce niveau-là. En effet, la promotion que Apathia nous fait est vraiment énorme. Grâce à eux pour notre dernier album, nous avons eu énormément de reportages sur internet, tous les magazines spécialisés dans le métal ont parlé de nous. Un grand magazine européen sur le métal a parlé de l’album… Ce que nous demandions à notre label c’était de nous faire de la pub et de la promotion sur notre album et cela, ils l’ont extrêmement bien fait. Il va aussi produire un certain nombre de CD physiques et aussi sur les plateformes d’écoute de musique en streaming. Nous sommes très contents de la façon de travailler choisie par notre Apathia Records.

Vous allez faire la première partie de Megadeth à Lyon… Est-ce que ce n’est pas une source d’angoisse pour vous ?

Nous n’avons pas vraiment la pression, nous sommes habitués à faire des grosses scènes et nous allons donner le meilleur comme sur tous les concerts de la tournée. Mais c’est vrai qu’on a toujours une petite pression, de peur d’avoir un souci technique qui est indépendant de notre volonté. Cela nous est déjà arrivé dans notre ville, à Cannes, avec une prise cassée. Ce sont les petits aléas des concerts qui peuvent être stressants pour nous. Au niveau de la performance, Chris qui risque d’avoir un peu de pression car il joue la première partie de son guitariste préféré qui est Kiko Loureiro. En fait, c’est surtout un stress positif pour nous pousser à donner le meilleur de nous-même. Ce n’est pas quelque chose qui va nous handicaper.

Comment arrivez-vous à gérer des incidents sur vos instruments sur scène ? (cordes qui cassent, baguettes qui cassent…)

Tout est prévu : nous prenons le soin de changer les cordes de nos instruments à chaque fois que nous jouons en concert. Nous pouvons changer de guitare à tout moment car il y a toujours des guitares de rechange derrière nous, pareil pour les baguettes. Nous faisons en sorte que tout soit programmé.

Quel serait votre meilleur conseil pour donner envie à un jeune lecteur de lancer son propre groupe de métal ?

Tout d’abord, si je devais donner des conseils, ce serait de ne pas se prendre la tête et de jouer vraiment pour la musique parce que nous sommes dans un monde où il est devenu très difficile de percer. Selon moi, il faut que les objectifs soient atteignables. Il faut faire en sorte de créer une décharge de sérotonine qui va faire que nous sommes heureux parce que l’on a réalisé un défi qui était dur à réaliser. Il faut toujours progresser mais en s’amusant et en jouant sa propre musique pour se faire plaisir à soi même… Il faut que ce soit un peu égoïste.

Le métal pour vous, c’est quoi ?

C’est une question compliquée ! (rires) Le métal pour moi, c’est une forme d’énergie, une forme de musique extrêmement vaste où l’on va avoir des milliers de styles mélangés et incorporés dans ce mot qui est le METAL. Que ce soit de l’extrême, au trash ou même au glam et du coup c’est une source illimitée de musiques différentes dont on ne peut pas se lasser, où il y a toujours une espèce d’énergie avec toujours une recherche de technique et d’efficacité. Le métal, c’est aussi une communauté qui a des travers, qui reste une grande famille où nous faisons la fête et où la drogue est très peu présente. La musique et l’apéro lient aussi énormément d’amitiés. Le métal est une expérience très impressionnante à vivre mais c’est aussi une expérience très enrichissante.

Le groupe Heart Attack avec une légende du métal, David Ellefson du groupe MEGADETH © Crédit Anonyme ©

Dates 2018 d’Heart Attack

18 Août – FESTIVAL MOTOCULTOR – Saint Nolff en Bretagne

6 Octobre – FESTIVAL MAKE SOME NOISE – Cannes en Provence Alpes Côte d’Azur

6 Décembre – METAL FEST – Nantes en Bretagne

Notre sélection

Sur Youtube: 

Fight To Overcome : https://www.youtube.com/watch?v=ZrCFpfQomIQ&feature=youtu.be

Down The Way : https://www.youtube.com/watch?v=BdXVY2W6I9s

 

Un grand merci à Kevin Geyer d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.