Ils sont 6 garçons, ils ont entre 20 et 22 ans et ils forment ensemble le groupe cannois VIRAGE SUD.


Ce groupe commence à faire beaucoup parler de lui dans la région Provence Alpes Côte D’Azur.
Des flows entraînants, des dénonciations virulentes et des refrains qui nous rappellent que le rap et le hip/hop ne sont pas uniquement des franchises commerciales : le rap à textes, voilà ce qu’ils aiment et ce qu’ils nous offrent. Ils aiment le rap qui livre des messages, ils ne cherchent pas à trafiquer leurs voix, ils sont là avec leur authenticité pour nous faire plaisir et nous faire comprendre des choses sur notre société et nous faire réagir.

Mediamag les as rencontrés avant qu’ils ne montent sur scène.

Tesk.A, L’infâme, Saber, Nimoz, Neyt et Eli-Up ont accepté de répondre à nos questions…

 

Pourquoi le nom Virage Sud ? 

Saber : Je déteste cette question (rires)

Tesk.A : On a trouvé que le nom sonnait plutôt bien. On a réfléchi à un nom qui pouvait faire référence à notre région. Le fait qu’il y ait le mot Sud était important pour nous. Le Virage, c’est aussi une tribune dans un stade de foot, ce sont des gens qui se réunissent autour d’une même passion et c’est pareil pour nous. Mais on va essayer de se détacher un peu du mot « sud » et de son clivage pour l’Avenir.

Vous êtes tous actuellement dans le sud ? 

Eli-Up : Non, on est tous éparpillés. (rires)

Nimoz : Certains sont à Paris, d’autres à Narbonne. Moi j’étais à l’étranger pendant un petit moment mais maintenant je suis sur Cannes pour une durée indéterminée.

Tesk.A : A l’année on est tous dispersés mais on arrive toujours à se retrouver, comme ce soir d’ailleurs.

Eli-Up : On se retrouve le plus souvent l’été en fait.

©Clément ODRAT

Quand  on  vous écoute , il y a plusieurs sonorités différentes : comment ecrivez-vous  vos Textes ? 

Tesk.A : Chacun à sa façon d’écrire.

Nimoz : On arrive tous avec un texte déjà préparé.

Tesk.A : On a la version instrumentale de la musique et on se met d’accord ensemble sur qui va poser son flow sur la musique. On écrit tous chacun dans notre coin, on réunit tout ça et on écoute les morceaux : s’il faut modifier des choses on le fait ensemble.

L’infâme : Dernièrement, on a beaucoup écrit ensemble pour ensuite aller en studio. On est allé à Narbonne 4/5 jours pour enregistrer en studio et créer nos « prods », nos « instrus » et aussi pour écrire. Et de tout ça découle nos clips et musiques sur YouTube ou sur les réseaux sociaux.

Eli-Up : On n’a pas de règles pour écrire, y a aucune manière définie et puis ça dépend vraiment des moments et de nos états d’âmes.

Saber : ça dépend aussi du son et de ce qu’on veut dire car si on va faire du son profond ou le public doit réfléchir aux idées que l’on souhaite mettre en lumière, ce sera plus simple d’être seul pour écrire. Alors que si l’on fait un son plus général ce sera plus une écriture de groupe

Eli-Up : Quand c’est un thème plus général pour un plus large public, c’est beaucoup plus simple car on n’a pas tellement à se mettre d’accord sur qui fait quoi comme son car le thème général est déjà défini.

Quelles sont vos références a chacun qui peuvent vous aider a écrire ? 

Nimoz : Je pense qu’il y a des tendances.

Eli-Up : On évolue à chaque fois dans nos écoutes : y en a qui aiment certains trucs et qui vont le faire découvrir aux autres.

Tesk.A : Et puis dans le rap français avec tout ce qui sort aujourd’hui, chacun a ce qu’il préfère.

Dans le groupe il y a une alternance français / anglais qui apporte une touche d’originalité. Nimoz comment as-tu réussi à ” t’intégrer ” au groupe ? 

Nimoz : Quand Virage Sud a débuté, on était beaucoup plus que 6 mais on était tous potes. Avec les membres actuels du groupe on est potes depuis très longtemps. On est un groupe de potes, de musique qui se tourne vers la même passion. Et pour mon ‘’intégration’’ ça s’est fait assez naturellement. Et puis il n’y avait pas la question de toi tu viens d’ailleurs donc je te rejette…

Saber : Et après musicalement c’était très simple, chacun gratte son texte, le pose sur l’instru et il pose le sien un peu où il veut dans le son mais toujours avec une certaine cohérence.

Tesk.A : Après, je trouve que ça change, que c’est plus sympathique et facile pour les refrains sur certains morceaux où on ne sait pas trop ce que l’on va faire. C’est peut-être plus facile un refrain en anglais mais sinon en vrai c’est exactement le même traitement.

Eli-Up : Après pour moi ce n’est pas forcément plus facile car ça peut donner une nouvelle direction aux textes et aux idées que l’on souhaite transmettre.

L’infâme : Et puis même, la langue amène d’autres sonorités et une autre personnalité à la musique… et au groupe…

Nimoz : Et puis les gars écoutent du rap français et du rap américain donc au final, ça s’est fait naturellement.

©Clément ODRAT

Certains d’entre vous ont des carrières indépendantes (Teska avec 2 albums, Nimoz avec des clips sur YouTube, Saber avec des clips sur Facebook et Neyt avec un album) ce n’est pas trop dur de se détacher de l’image du groupe pour ces carrières solo ? 

Tesk.A : Personnellement, je ne cherche pas à m’en détacher.  Pour moi c’est d’abord le groupe.

Neyt : Pour le groupe, comme pour nous on écrit nos textes de notre côté. On fait tout dans notre coin et tout cela revient au même. On est moins limité par les autres quand on est tout seul en fait. Mais au final ça marche pareil.

Nimoz : Après ce qui est bien dans le groupe c’est que l’on a tous des styles différents. Quand on se réunit tous ensemble on crée une nouvelle vibe. Le fait de faire des trucs solo ce n’est absolument pas négatif non plus. Justement, ce sont des expériences qui s’ajoutent à l’esprit du groupe.

Tesk.A : Et puis ça nous permet aussi d’être un peu meilleurs quand on se réunit tous.

Saber : On est 6 dans le groupe et on doit se mettre d’accord  sur le choix des instrumentales alors que quand on est seul je pense que ce que je vais dire sera valable pour tout le monde, quand on est seul on le fait à notre sauce avec beaucoup plus de liberté.

Tesk.A : On ne cherche pas à se détacher de l’image du groupe car on fait autant de sons en solos qu’en groupe.

L’infâme : Et puis on ne se freine pas, on ne s’interdit pas de tester des trucs en solo. On est assez libre entre nous. Car à l’année on est tous éparpillés.

Tesk.A : C’est aussi une façon d’écrire et de manière très régulière.

Eli-Up : Et puis si on attend d’être tous ensemble pour écrire, ça n’avance pas et on aurait trop de moments creux.

Saber : Même, vu qu’on est des amoureux du rap, on écrit tout le temps. Et il y a des textes qui vont plus aller avec le groupe et d’autres que l’on garde pour nous.

 

Certains de vos clips sont réalisés en interne (L’Infâme) ou par des personnes que vous avez engagées (Hansley, Florent Botto, Iguane Productions, Bourbier Prod…) Est-ce que ceux qui font l’image vous donnent des indications sur comment doit aboutir le clip ou inversement ? 

L’Infâme : En vrai vu que l’on est souvent ensemble et que l’on s’appelle souvent c’est beaucoup plus simple pour les idées. En effet quand le son en studio est déjà prêt ou qu’on l’enregistre on a déjà des idées. Pour ma part j’ai souvent des idées pour mes clips mais aussi pour ceux des autres, je leurs propose et on en discute ensemble.

Saber : On prend un peu les idées de tout le monde en fait et ça donne nos clips. (rires)

Eli-Up : Le réalisateur donne des idées et on voit avec lui si ça nous plait ou pas.

Nimoz : Après quand on regarde les rushs de nos futurs clips avant le montage on peut donner des idées à l’Infâme ou aux autres avant qu’ils ne montent le clip.

Tesk.A : On essaye chaque fois de dire nos idées aux réalisateurs et après le réalisateur apporte aussi sa touche personnelle. Tout dépend de celui avec qui on bosse.

Dans le clip ‘’BOURG PALETTE ’’ il y a une très grande alternance des plans : c’est vous qui avez choisi cette alternance rapide ou le réalisateur Hansley ? 

Tesk.A : C’est Hansley qui a choisi nos éclairages.

L’Infâme : Le scénario du clip on l’a écrit ensemble avec Hansley. Dans ce clip, il y a une ligne directrice qui va avec le refrain ‘’Faut qu’on se tire de ce bourg palette’’ et tout le long du clip chacun élabore ses projets et ce qu’il aime la littérature pour moi,  les mathématiques pour Neyt, la création de plans pour Tesk.A, le voyage pour Eli-Up. Ce clip c’est un peu l’histoire de notre groupe et de ce qu’on aime. Chacun fait un truc de son côté pour qu’à la fin on se réunisse et que l’on échange et qu’on mette nos idées en commun. Dans ce clip chacun joue un rôle qui représente vraiment ce que nous sommes dans la vie.

 

Il y a quelques jours , certains de Vos clips ont été retirés de YouTube : est-ce par choix ou est-ce par un strike de la part de la Plate-forme ? 

L’infâme : Vous êtes très vif ! (rires)

Neyt : Tout d’abord parce que l’on avait réduit l’effectif dans le groupe et puis aussi parce que l’on souhaitait passer un cap, on souhaite monter les échelons et proposer des sons ou des clips plus travaillés et carrés dont on soit fiers à 100 % et il y avait quelques clips dont on était moins satisfaits que d’autres. Et on s’est dit ‘’est-ce que ça sert vraiment de les garder et de les mettre en avant alors que derrière on a des trucs bien plus chauds’’.

Saber : C’est aussi un peu le syndrome du rappeur. On fait un texte, on le kiffe sur le moment, on va l’enregistrer et avec le temps on se rend compte que ce que l’on a fait avant c’était beaucoup moins bien que maintenant.

L’infâme : Et puis même en soit la chaîne YouTube c’est aussi un peu notre carte de visite. Donc on n’a pas forcément envie que les gens qui nous y découvrent tombent sur des clips ou des musiques dont on n’est pas super fiers.

Eli-Up : On l’a un peu rafraichie cette chaîne !

© Clément ODRAT

Est ce que vous proposez votre musique à des radios ou est-ce qu’elles viennent vers vous ? Nous ne pensons pas forcément à des grosses radios comme Skyrock pour vos débuts mais plus à des radios plus locales.

L’infâme : On est déjà passé quelques fois sur des radios locales ou sur la webradio Le Règlement

Saber : Je pense qu’il faut que nos sons soient encore un peu plus carrés pour qu’on puisse se permettre de les envoyer.

Eli-Up : On a vraiment envie de se vendre aux radios quand on sera vraiment prêts selon nous.

L’infâme : Aujourd’hui nous sommes encore en rodage… Mais on avance petit à petit et pour ceux qui nous suivent depuis longtemps, ils voient et entendent notre évolution je pense.

© Clément ODRAT

Notre sélection 

Sur Youtube

Promesse (réalisation de L’infâme et Florent Botto)  https://www.youtube.com/watch?v=08Zsp-wPzc0

Words de Nimoz (réalisation Iguane Productions, Florent Botto et Bourbier Prod) https://www.youtube.com/watch?v=9TlMkWkl_xI

Sur SOUNDCLOUD

Sujet Tabou de Neyt x Tesk.A  https://soundcloud.com/virage-sud-rap/neyt-x-teska-sujet-tabou-prod-pezet-noon

HELP de Nimoz https://soundcloud.com/nimozrap/help

M de Saber https://soundcloud.com/bersa-rap/bersa-m

Retrouvez Virage Sud

Sur YouTube : https://www.youtube.com/channel/UC3xKB96sVhnc-ZqvGSUleSg/featured
Sur Facebook : https://fr-fr.facebook.com/viragesudrap/
Sur Soundcloud : https://soundcloud.com/virage-sud-rap

Remerciements aux membres du groupe de nous avoir accordé cette interview …