Nous nous sommes entretenus avec Anja Linder, harpiste de renommée internationale. Elle sortira dans quelques jours “Regards imaginaires”, un album réinterprétant “L’insoutenable légèreté de l’être” de Milan Kundera, avec la collaboration de Frédérique Bel, actrice française qui prête sa voix au projet et Jean-Marc Foltz, clarinettiste.

Vous ne le savez peut-être pas, mais obtenir les droits de “L’insoutenable légèreté de l’être” par son auteur est une chose quasi-impossible ! Des centaines de projets sont refusés chaque année. Seul Philip Kaufman a pu en bénéficier jusqu’à présent, pour son adaptation cinématographique. Mais aujourd’hui, Anja Linder fait partie des rares privilégiés à pouvoir les posséder à son tour. Nous nous sommes donc demandé s’il y avait une “recette de séduction” spéciale…

Anja nous explique: “J’ai déposé la maquette du CD audio directement chez Gallimard, à son attachée de presse, car personne ne possède l’adresse personnelle de Milan. 10 jours plus tard, le matin du 12 juillet 2014, j’ai reçu un appel d’un numéro inconnu pour le moins… réjouissant et surprenant. Au bout du fil, un certain Milan, me disant :

Bonjour, qu’est ce que je peux faire de plus que de vous céder mes droits?

Chose inespérée donc dans un contexte où l’obtention de ces derniers n’est pas chose facile… Anja lui a donc proposé une rencontre, qui n’a pas encore eu lieu.

C’est sans doute le fait d’avoir menée cette maquette avec passion, admiration et respect que Milan Kundera a pu dire à Anja : “merci d’avoir si bien compris mon oeuvre et ses personnages

Elle nous confie: “j’ai voulu éviter à tout moment l’emphase, l’exagération… Il y a une retenue mesurée, un mélange d’amour et d’admiration… La valeur de ce droit vaut plus que les coupes reçues lors de concours internationaux dans le monde ! “ C’est pour dire l’importance qu’a cette oeuvre pour Anja … !

Frédérique Bel, actrice de renommée française ayant joué dans de nombreux films, est aussi aux côtés d’Anja pour cet album. Deux meilleures amies rassemblées pour un disque mêlant passion de l’interprétation et légèreté de l’être. Frédérique, elle, a pour but de faire vivre le texte à travers sa voix. Une sorte de pièce auditive, à animer à l’aide d’intonations et émotions bien choisies:

Elle rompt le rythme, fait des accélérations où l’on ne s’attend pas et tout cela dans l’intemporalité.

Dans cet album, pas de composition originale, mais des extraits choisis avec soins, grâce à la sensibilité auditive qui amenait à interpréter une sonorité à une émotion:

Les romances de Schumann représentent bien les trois personnages du livre…Chopin, la naissance de l’amour. La mélodie qui est le symbole de cet album a été composée par Dvorak, car nous voulions un slave et cela me rappelait ce que ma mère m’apprenait au piano.

Jean Marc Foltz, clarinettiste, accompagne Anja à la harpe. Pourquoi exclusivement une clarinette ?

Pour contrebalancer l’aspect très féminin de la harpe, cet instrument a une coloration plus slave

Qui dit nouveau projet, dit parrain…Un parrain rêvé par Anja que vous connaissez sans doute tous, puisqu’il se nomme Patrick Poivre-d’Arvor. “C’est une personne qui est très cultivée, habituée du mélange des arts.” Il récitera des textes lorsque Frédérique ne sera pas disponible, notamment en août 2016, lors de festivals.

Vous êtes curieux de découvrir cette réadaptation? L’album sortira le 16 Octobre prochain chez le label Klarthe Records. En attendant, en voici un extrait:

Merci à Anja, et à l’équipe du label Klarthe