Du rap planant inspiration californienne à de la trap énergique, des origines indiennes à la Belgique … Bienvenue dans l’univers encore trop peu médiatisé du rap féminin où il existe autant de façon de rapper que de rappeuses. Cinq talents à aller écouter sur le champ.

Tracy de Sá, le rap qui fait le tour du monde

Un prénom anglais, un nom de famille portugais, une vie partagée entre l’Inde, l’Espagne et la France… voici comment Tracy de Sá se définit et en est fière. Sa musique en est grandement inspirée et incorpore à des rythmes hip hop très dansants (formation originelle de la rappeuse) de la cithare indienne ou de la guitare flamenco. Entraînée par un flow en anglais, espagnol ou français très vif, la musique de Tracy de Sá arrive comme une bombe sur le rap français par sa musicalité originale et ses rythmes innovants.

Lala &ce, du rap chill à la trap

On ne la présente plus dans le milieu du Hip Hop. Lala &ce est originaire de Lyon, ville où elle se lance dans le rap avec le Collectif 667 et obtient une certaine notoriété en collaborant avec Freeze Corleone ou en sortant son premier titre Bright, en 2017. Ce sont des sons très planants avec un vocodeur assumé qui ont fait connaître la rappeuse. Ce style qui mélange
Français et Anglais aux airs de road trip californien est encore assez rare dans le rap francophone mais la Lala &ce propose aussi des titres plus trap où l’on peut facilement lui attribuer les mérites d’une grande « kickeuse ».

Moon’a, musiques latines et rap énervé

Féminité et puissance. Ces deux sont loin de définir entièrement la rappeuse mais donnent tout de même le ton de son dernier projet Hasta la vie. Moon’a utilise des rythmes empruntés à la zumba, détourne des références culturelles telles les cartels sud-américains ou la pègre italienne (Maria) pour mettre en valeur ses propres textes portant sur la galère, l’amour et la force des femmes. Un discours fort et assumé qui peut, sans hésiter, vous faire danser.

Amy : rappeuse, professeure et même réalisatrice

Cela fait bientôt 10 ans que la rappeuse et professeure des écoles évolue dans le rap. En 2010, Amy se lance en duo avec la rappeuse Bushy, aujourd’hui décédée, en signant l’album 1 Life sous le label de Rhoff. Après des années de collaboration et d’écriture pour d’autres artistes, Amy a sorti son premier album solo le 27 septembre dernier avec la participation de
noms reconnus comme Black M, JUL, Ninho ou encore Sadek. En correspondance avec l’album, Ne le dit pas à ma mère, Amy réalise une websérie éponyme sur YouTube alertant sur des thèmes difficiles qui touchent à la famille, la vie en banlieue et sa propre vie.

Aly Bass, révélation bruxelloise

Encore une artiste qui prouve la bonne forme du rap belge. Aly Bass surfe sur des thèmes et une musicalité en vogue en mélangeant chant et rap, avec des textes portant sur les relations femme/homme et la place de la femme. Ces compositions sont mises en scène avec un esthétisme très soigné, où l’on contemple des tenues originales et des clips saisissants comme celui d’Appel manqué, titre éponyme de son premier album, tourné en Islande. Sur scène, Aly Bass arrive à déhancher les corps les plus prudes à l’aide de ses danseuses, de son énergie et de son caractère taquin.